Un peuple résilient

En réaction à l’éditorial de Martin Francoeur intitulé «La boîte de Pandore», publié dans notre édition du mercredi 18 avril dernier.

Le débat sur le port des signes religieux ne se réglera pas en appliquant simplement le compromis issu des travaux de la commission Bouchard-Taylor, comme le prétend l’éditorialiste du Nouvelliste de Trois-Rivières, Martin Francoeur. Comment pourra-t-il se régler alors? Le journaliste, dont l’éditorial est aussi paru dans Le Quotidien récemment, n’a rien à proposer de tangible.

Dire que cela revient aux politiques de mettre leurs culottes pour légiférer sur une norme unique et claire, c’est vrai; mais laquelle? Or, il y en a une largement majoritaire dans la société québécoise, selon les sondages, qui ont suivi la commission d’enquête itinérante Bouchard-Taylor en 2007. La grande majorité endosse les recommandations suivantes: pas de prière avant une séance du conseil de ville; pas de financement aux écoles religieuses privées; pas de signes religieux ostentatoires pour les juges, les policiers, les gardiens de prison et toute autre personne pouvant exercer de la coercition citoyenne; retrait du crucifix à l’Assemblée nationale.

Après dix ans de tergiversations, de manque de courage chez les politiques, Bouchard-Taylor, bien qu’imparfaite, est la frontière qui doit être tracée pour en finir et entreprendre un «vivre ensemble» qui se fait attendre depuis déjà trop longtemps. Également, pour tenir en respect les extrêmes. La majorité des Québécois est capable de compromis en matière de laïcité. Elle l’a déjà démontré, en matière de vivre ensemble d’un océan à l’autre, en acceptant les conditions de Meech à la fin des années 80 pour un fédéralisme canadien renouvelé. C’est le ROC et Trudeau père qui se sont comportés en extrémistes en coulant dans le Lac Meech la meilleure entente constitutionnelle pour le Canada.

Marcel Lapointe

Saguenay

Erratum

Dans le texte d’opinion intitulé «Enjeu de sécurité, enjeu de société, enjeu électoral», publié dans notre édition du mercredi 25 avril, il était écrit ceci: «Depuis 1987, 136 personnes ont été tuées par les différents services de police à travers la province de Québec. La plupart vivaient en milieu de précarité et étaient aux prises avec des problèmes de santé mentale. Sans oublier les personnes racistes.»

Il aurait plutôt fallu lire: «[...]Sans oublier les personnes racisées.»

Nos excuses.