Un peu d’audace et de volonté politique

OPINIONS / En réaction à l’éditorial de Martin Francoeur intitulé «Un bon et un mauvais message», publié dans notre édition du vendredi 22 novembre.

J’aimerais remercier M. Martin Francoeur pour son éditorial sur le transport en commun et la volonté politique requise pour changer nos paradigmes à propos du transport collectif.

Il met en lumière le manque d’imagination de certains de nos élus (à tous les niveaux politiques) pour effectuer une transition, pourtant nécessaire, à l’atteinte des objectifs environnementaux que ces derniers se sont fixés.

Revoir le modèle actuel du fonctionnement du transport en commun serait la moindre des choses pour démontrer une réelle volonté de mettre de l’avant la mobilité durable.

La gratuité totale n’est pas nécessairement la panacée pour certaines villes, comme Montréal, où le transport en commun est bien établi et relativement efficace. Mais pour des agglomérations où l’adhésion à ce type de transport n’est pas gagnée, comme à Trois-Rivières, elle m’apparaît une excellente idée.

Il faut que le transport en commun soit attrayant et performant pour devenir compétitif avec les moyens de transport conventionnels, pour ne pas dire l’automobile. Surtout dans une ville où l’automobiliste est roi et n’a pratiquement aucun désagrément lors de ses déplacements.

Bien que l’idée de taxer les principaux responsables des émissions de GES semble encore une hérésie au Québec, il faudra bien que quelqu’un mette son pied à terre et agisse.

On ne peut pas se targuer indéfiniment de mettre en place de belles politiques et de beaux plans d’action pour le climat et regarder le train passer ou devrais-je dire: espérer le voir passer!

Selon un article de La Presse, il se vend près de 45 milliards de litres d’essence au Québec. Une taxe de seulement deux cents (0,022 $) le litre permettrait de récolter près d’un milliard de dollars!

Ça doit correspondre à peu près aux revenus provenant des titres de transport de toutes les municipalités du Québec. Imaginez maintenant cinq cents le litre, ou dix cents... Et je ne parle même pas de péage sur les routes.

Le financement n’est pas un obstacle à un réel développement durable du transport au Québec, l’argent est là.

Il faut simplement, comme M. Francoeur le mentionne, un peu d’audace pour se convaincre de l’investir au bon endroit.

Francis Fortin

Trois-Rivières