Un nouveau maire ou un 15e conseiller municipal?

Moi qui s’intéresse entre autres aux citations et à l’histoire, j’ai lu autrefois que l’ancien premier ministre du Québec Daniel Johnson a dit un jour, alors que celui-ci était dépassé par ses troupes: «Je suis leur chef; il faut que je les suive».

Plus tard, j’ai lu également qu’un certain Alexandre Ledru-Rollin, homme politique français du 19e siècle, avait pour sa part dit les mots suivants: «Il faut bien que je les suive puisque je suis leur chef».

Eh bien, c’est à ces mots que je pense en faisant cette introduction afin d’exprimer ma réflexion à la lumière des transformations opérées par le nouveau conseil municipal de Trois-Rivières élu depuis 2017.

Par exemple, cette rémunération globale qui, bien que se partageant semble-t-il la même «tarte», en arrive à voir les 14 conseillères et conseillers se répartir plus équitablement cette même «tarte» va-t-elle donner à un éventuel maire la possibilité de «gérer» un peu ces hommes et femmes dans le sens qui lui plaira? La réponse est peut-être «non», car c’était encore en accordant des faveurs financières qu’on trouvait auparavant le moyen de «composer» avec les troupes...

Remarquez que cette réforme est probablement une bonne chose mais je crois qu’on doit admettre que celle-ci, en somme, réduit passablement les pouvoirs d’un maire ayant à œuvrer avec des conseillères et conseillers élus dans ce qu’on appelle une démocratie représentative non partisane; c’est-à-dire qu’ils ne doivent rien – ou si peu – au maire. Ici, il n’y pas de partis politiques municipaux.

Une bonne chose probablement – je me répète – mais je crois que nous aurons dorénavant un maire qui, bien que devant batailler à la grandeur de la ville pour obtenir ses responsabilités, se trouvera confronté à des élus qui, pris individuellement, n’auront eu pourtant qu’à obtenir leur mandat dans de simples districts.

Voilà que c’est en ce sens que j’ai écrit sur Facebook il y a quelque temps que c’était simplement aux membres du conseil à choisir leur maire; que j’ai écrit que nous en étions rendus là; une opinion commentée samedi dernier, le 27 janvier, par Stéphan Frappier dans la page éditoriale du Nouvelliste.

Réjean Martin

Trois-Rivières