Un mois et demi de «cloître»

OPINIONS / Dix-huit avril, sixième samedi de cloître.

La vie monastique me rend de plus en plus païenne. Je sacre comme un charretier et je maudis le ciel.

La seule croyance qui résiste est celle du «sang du Christ» à laquelle je porte un culte quotidien à 16 ou 17 heures sonnées dépendant de l’urgence… du recueillement.

Les curés ne se sont pas gênés pour le saper avidement. Certains affichaient même un appendice nasal de sa couleur, pourpre.

La religion et la politique ont ce dicton en commun «faites ce que je dis et non ce que je fais».

L’hypocrisie et le mensonge cachés derrière le masque de la bonté nous ont longtemps dupés comme un crédule public de théâtre d’été.

Legault et ses comédiens ont été chaudement applaudis pour les premiers actes. Mais la pièce s’étire et la mémoire flanche.

On improvise sans talent et les gestes sont gauches.

Les spectateurs souhaiteraient quitter la salle mais les issues sont sous clé.

On s’impatiente, on chahute et parfois même notre voisin de siège devient un coupable à dénoncer.

Le troupeau confiné commence à ruer dans les brancards. Les gauchos perdent lentement l’autorité.

La bête, pas si bête, s’interroge sur la clairvoyance de son guide.

Deviendra-t-elle le mouton noir, la brebis égarée ou la vache folle?

Certains le craignent et adoptent le lasso délateur pour freiner ces sauvages élans… de liberté.

Une menace à l’ordre et la sécurité de l’étable!

Le foin, largement distribué pour faire taire les mugissements se multipliera-t-il comme les pains de la célèbre Fable biblique?

On se demande aussi où étaient stockées toutes ces meules si généreusement déballées?

En attendant les réponses à toutes ces énigmes, on marche à la queue leu leu de 2 mètres en se gardant bien de laisser échapper un crottin viral.

Hélène Langlois

Trois-Rivières