Le lock-out des professeurs de l’UQTR se poursuit et, en tant que diplômé et étudiant de l’institution d’enseignement, mon malaise grandit.

Un message incohérent envoyé à tous les étudiants et diplômés québécois

L’auteur, Olivier Champagne-Poirier est doctorant en Lettres et communication sociale à l’Université du Québec à Trois-Rivières.

Je suis diplômé d’un baccalauréat et d’une maîtrise de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) et je suis présentement doctorant en Lettres et communication sociale à l’UQTR.

Le lock-out des professeurs de l’UQTR se poursuit et, en tant que diplômé et étudiant de l’institution d’enseignement, mon malaise grandit. Il grandit parce que malgré les manifestations des professeurs et étudiants, malgré les diverses démonstrations des effets néfastes du lock-out sur, notamment, la région, la connaissance scientifique et les parcours de près de 15 000 étudiants, la mesure perdure. Les professeurs qui m’enseignent depuis huit ans, qui m’ont transmis la passion pour le milieu académique, qui m’ont aidé dans l’obtention de deux diplômes universitaires, qui m’ont encouragé et soutenu dans ma participation à de nombreux événements et colloques nationaux et internationaux et qui m’ont invité à collaborer à des projets de recherche visant à appuyer des organismes de la Mauricie ne peuvent plus travailler. La direction de l’UQTR est d’avis que ces professeurs ne méritent pas le traitement actuellement attribué à leurs fonctions. Je crois qu’il vient de là mon malaise, de ce message qu’envoie la direction de l’UQTR aux professeurs, aux étudiants, aux diplômés et à toute la population québécoise qui contribue au système universitaire. En plus d’être un message qui ne tient pas compte de l’imposante charge de travail de tous les professeurs que je connais, c’est un message où la valeur de la formation universitaire est incertaine.

En effet, il est difficile de penser à un poste qui nécessite une plus longue fréquentation des universités que celui de professeur d’université. Les professeurs ont généralement complété des scolarités universitaires d’au moins dix ans avant de pouvoir commencer leurs carrières. Cela étant, une initiative visant à revoir à la baisse les conditions de travail de ceux-ci ne peut être perçue que comme une dévalorisation de l’extrant de la formation universitaire. Quel message envoie une organisation quand elle affirme que ceux qui l’ont fréquenté le plus longtemps ne méritent pas le traitement qui leur est attribué? Constater que l’organisation au sein de laquelle je réalise des études depuis huit ans clame haut et fort que des gens qui ont réalisé de longues études ne méritent pas leurs salaires est assurément source d’angoisse.

Si les universités elles-mêmes ne sont plus capables de reconnaître la valeur des enseignements universitaires, qui le fera? Quel message est en train d’envoyer l’UQTR à tous les employeurs qui demandent des formations universitaires? Au final, le lock-out est une pente très glissante qui implique un positionnement face à la considération sociale des universités. L’apport des diplômés universitaires est-il survalorisé au Québec? Cette attaque envers les professeurs de l’UQTR est une attaque envers tous les diplômés universitaires.

En tant qu’étudiant de l’UQTR, je demande donc à la direction de cesser cet acte d’autosabotage qu’est le lock-out. Il est illogique qu’une université porte un tel regard sur la formation universitaire. Il faut que le lock-out cesse avant de créer un précédent irréversible qui affectera tout détenteur d’un diplôme universitaire.