Un manque total d’empathie

En réaction à la lettre d’Henri Provencher intitulée «Aide à mourir ou permis de tuer?», publiée dans notre édition du 14 janvier dernier.

En réaction viscérale et abasourdie aux propos de monsieur Provencher, je me dois de souligner que ce monsieur devrait se faire greffer un cœur. Il en manque cruellement.

Contrairement à ses allégations, l’accès à l’aide médicale à mourir et aux soins palliatifs de fin de vie n’est ni facile à obtenir ni planifié par les autorités.

Et prétendre que ça existe dans un but bassement pécuniaire, c’est du pur délire. Au contraire.

Et en ce domaine, personne ne décide à la place du souffrant.

Et si j’étais méchant, je vous souhaiterais de vous retrouver paralysé dans un lit, en couche et baignant dans vos excréments, totalement dépendant et privé de toute dignité, incapable de respirer sans trachéotomie, et incapable d’avaler autre chose que de la purée, sans espoir de guérison et prisonnier de votre corps pour le reste de votre vie...

Mais comme je ne suis pas méchant, seulement banalement souffrant, je soulignerai uniquement votre hargne, votre manque total d’empathie, de respect et de compassion qui vous disqualifie pour juger de la souffrance d’autrui affligé de maladie dégénérative et débilitante. On abrège la vie des animaux pour bien moins que ça.

Au nom d’un minimum d’humanité et de la décence la plus élémentaire – dont, de toute évidence, vous êtes dépourvu –, je vous pardonne néanmoins.

Bon courage et soignez-vous bien.

Michel Favreault

Sainte-Ursule