Un maire qui trouve rapidement sa langue de bois

OPINIONS / Le mercredi 11 septembre dernier, Monsieur Jean Lamarche a été interviewé à la radio concernant les dépassements de coûts du projet de nouveau colisée à Trois-Rivières. Nous avons assisté à un débat sur la définition même de ce qu’est un «dépassement de coûts».

Pendant que Jean Lamarche insistait pour dire que le projet n’a pas connu de dépassement de coûts, l’animateur a rappelé à Jean Lamarche à plusieurs reprises qu’au net, le projet coûtera 1,2 million $ de plus aux citoyens que le montant anticipé.

Monsieur Lamarche a martelé que selon la Ville, il existe une différence entre le budget prévu d’un projet et le coût net de réalisation. Alors qu’on nous avait promis «aucun dépassement de coûts», voilà que la Ville avait provisionné dans son fonds d’urgence un montant pour les «opportunités».

J’arrive personnellement mal à conjuguer «fonds d’urgence» et «dépenses d’opportunité». Il faut probablement être en politique pour être capable de faire ce lien.

En bout de ligne, Monsieur Lamarche n’a pas été en mesure de reconnaître que le projet coûtera pour les citoyens de Trois-Rivières davantage que ce qui avait été annoncé, alléguant que ce qui est une hausse du coût du projet, n’est pas une hausse du coût du projet. Ce sera donc payé avec de l’argent magique!

Comment s’y retrouver et surtout comment rapprocher la classe politique des familles qui doivent composer avec un budget réel?

Je trouve regrettable que les sommes que nous remettons à nos institutions soient plus souvent qu’autrement gérées au bon vouloir de la pensée politique du moment et non pas en respect des engagements pris envers la population. Il y a selon moi un manque de démocratie quand vient le temps d’établir si une dépense est justifiable ou non.

Nous élisons des gens sur des grands défis mais nous oublions souvent qu’en bout de ligne, une fois en poste, les gens à qui nous accordons du pouvoir le temps d’un mandat prendront des décisions importantes mettant en jeu des sommes qui, dois-je le rappeler, appartiennent à la collectivité.

C’est souvent au moment de ces décisions que se fait la véritable gestion publique puisqu’une fois dépensé, cet argent n’est alors plus disponible pour les véritables enjeux pour lesquels ils ont été élus.

Je comprends également mal pourquoi Monsieur Lamarche s’est senti obligé de défendre ce projet pour lequel il n’a été essentiellement qu’observateur. Il n’était pas là ni pour la décision, ni pour le lancement des travaux ni pour l’essentiel du projet.

Monsieur le Maire, Trois-Rivières a besoin d’un meilleur réseau routier, de véritables infrastructures pour faciliter le partage de la route et pas que des lignes peintes sur une chaussée déjà trop étroite.

Notre population est vieillissante et nous aurons besoin d’adapter nos infrastructures. Le transport collectif est une véritable risée. Il est sous-financé et très peu attrayant.

De plus, Trois-Rivières impose parmi les pires comptes de taxes au Québec à ses citoyens qui possèdent une maison dont la valeur excède même légèrement la valeur médiane du parc immobilier.

Voilà des choses qui touchent tous les citoyens, tous les jours. Une somme de 1,2 million $ aurait pu aider à ce niveau.

Peu importe comment vous présentez les choses, ce projet coûtera 1,2 million $ de plus que prévu et nous avons 1,2 million $ de moins pour les «vraies urgences».

Gaétan Bouchard

Trois-Rivières