Un lock-out bien planifié

Un lock-out bien planifié

Lorsqu’une compagnie veut voir augmenter le prix de son produit sur le marché, il faut quelquefois prendre les moyens. Comme ABI compte deux producteurs associés et que l’arrêt des deux tiers de la production risque de créer une certaine rareté, le mot est un peu fort, mais il y a là une possibilité de faire monter les prix, du moins, de ne perdre aucun dollar.

Ce sont d’ailleurs des spécialistes de Bécancour qui ont construit et mis en service une aluminerie en Arabie Saoudite, il y a quelques années, en créant de toutes pièces une nouvelle ville avec toutes les commodités: centrale électrique, usine de production d’eau potable à partir de l’eau salée, etc.

Au Québec, les alumineries sont assurées d’une stabilité politique et des tarifs prévisibles.

Vous vous souvenez du lock-out de sept mois chez Rio Tinto à Alma, où Jean Charest avait demandé à Hydro-Québec d’acheter l’électricité qu’Hydro n’avait pas besoin, ce qui a entraîné le long lock-out aux frais des contribuables. Drôles de contrats que l’on ne peut voir accepter que pour des amis, où la population n’est pas invitée à donner son opinion.

Espérons pour la région de Bécancour que le lock-out ne sera pas trop long. En passant, les bas tarifs d’électricité d’Hydro-Québec, en bas du prix de remplacement, c’est notre contribution aux provinces plus riches qui transforment notre aluminium en produits finis.

André Mainguy

Longueuil