Un kilomètre à la fois…

À une époque de ma vie, perdre quelques minutes dans la circulation était une tragédie. Je voyais mes trajets quotidiens comme une course où je devais battre tout le monde. J’avais l’impression que le temps perdu causé par un automobiliste lent ou un feu rouge m’était volé. Les situations où je perdais mon temps me frustraient.

Pour moi, prendre des raccourcis ou me casser la tête pour dépasser une voiture circulant un peu sous la limite étaient des choses normales.

À un certain moment, je me suis rendu compte que les gains apportés par mes habitudes étaient minimes face aux énergies dépensées et aux risques encourus. Les véhicules dépassés me suivaient par la suite que par quelques secondes. Mes efforts pouvaient être anéantis par une voiture devant ralentir pour tourner un coin de rue. La voie qui me semblait la plus rapide était devenue la plus lente. Ce qui semble un bel exemple de l’expression «l’herbe est toujours plus verte chez le voisin».

J’ai donc cessé de voir chaque trajet comme une course. J’ai décidé d’être heureux au volant plutôt qu’être pressé. Ça donne quoi d’arriver plus vite à la maison si c’est pour être irritable?

Pourquoi je partage mon histoire? Encore aujourd’hui, je vois encore des personnes prêtes à tout pour sauver deux ou trois minutes. Elles sont prêtes à couper les autres, étirer le temps sur lequel on peut passer sur un feu jaune et faire preuve d’impatience envers des piétons qui traversent aux arrêts.

Ces pratiques ne sont pas productives. Encore pire, elles peuvent causer des accidents qui ralentiront la circulation et briser des vies. Certains pourront dire qu’ils n’ont pas encore tué quelqu’un. Le problème étant qu’il sera trop tard lorsque ça sera fait…

Alexandre Gervais

Trois-Rivières