Un jardin de tout coeur

Il y a quelques jours, je suis allé à l’UQAM et à la Grande Bibliothèque et j’ai pensé à vous, les «Profs de tout cœur». En effet, je suis allé par hasard à la place Émilie-Gamelin et j’y ai vu un sentier urbain composé de jardins communautaires dans ce parc dédié à la mémoire d’une femme qui a voulu consacrer sa vie aux plus démunis de ce monde. Au cœur de la ville, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, le plus pauvre du Canada, j’y ai rencontré deux jeunes, Guillaume et Camille, qui animaient ces jardins et y travaillaient avec passion, de tout cœur. C’est merveilleux! C’est beau! Ces deux animateurs m’ont même montré une aquapisciculture ou 20 poissons rouges font de l’aquaponique en nourrissant les plantes, des bettes à carde, de leurs déchets. «Rien ne se perd, rien ne se crée», me répondraient certains collègues des sciences naturelles. Je ne sais pourquoi, mais j’ai même pensé à mon collègue Bronchti et à son futur jardin de «dépouilles» où je serai un jour.

Dans ce jardin municipal de Montréal, au lieu des éternelles fleurs, il y avait des fruits et des légumes que les affamés de ce monde pouvaient cueillir à leur volonté. Les invitations en ce sens étaient faites et il semble qu’il n’a pas de vandalisme ou d’abus. Tout est beau! Tout est merveilleux! En rêvant d’un monde meilleur, je me suis dit que ce serait cool si toutes les villes du Québec et de ce monde, au lieu de se faire compétition en floriculture et en «NE PAS TOUCHER», osaient relever le défi des Jardins Gamelin: nourrir les affamés.

Ce serait cool si les «Profs de tout cœur» osaient, le printemps prochain, réaliser un tel projet sur les terrains de notre université. Je suis convaincu que certains étudiants profiteraient de cette cause. Qui osera prendre en charge ce service à la collectivité? Et ce serait cool si le jardin des profs de tout cœur portait le nom de Jardin Estelle-Lacoursière! Je l’aimais tellement Estelle. C’était une vraie.

J’invite toutes les villes de la Mauricie à s’inspirer de cette idée. J’imagine déjà toutes les mosaïcultures trifluviennes regorger de tomates et poivrons. La nature est généreuse. Saurons-nous être à son image?

Ghyslain Parent

Professeur titulaire

Université du Québec à Trois-Rivières