Mélanie Joly

Un fonds pour appuyer la résilience

L’auteure, Mélanie Joly, est ministre du Patrimoine canadien.

Les changements climatiques se font de plus en plus sentir: les saisons pluvieuses sont plus longues, les tempêtes hivernales plus dures et les étés plus chauds et plus secs. Comme conséquences, nous assistons à des inondations extrêmes, des incendies de forêt à grande échelle et plusieurs autres catastrophes naturelles qui mettent en danger la sécurité des Québécois et causent des dommages considérables à nos maisons et nos infrastructures.

Au Québec, nous avons vécu les ravages des inondations du printemps passé. Plusieurs familles ont vécu un traumatisme et, pendant des mois, elles n’ont pu retourner chez elles. Bien après que les caméras aient quitté les lieux inondés, des familles et des communautés déracinées ont dû tout reconstruire.

En raison des changements climatiques, tout indique que de telles catastrophes seront plus fréquentes et plus intenses. Nos infrastructures n’ont pas été conçues pour répondre aux défis climatiques d’aujourd’hui et de demain.

Nous avons entendu nos concitoyens et comprenons qu’il est temps d’investir dans des infrastructures spécifiquement conçues pour résister à ces impacts grandissants.

C’est pourquoi, aujourd’hui, le gouvernement du Canada a annoncé le lancement du Fonds d’atténuation et d’adaptation en matière de catastrophe (FAAC), un nouveau programme national de 2 milliards de dollars qui investira dans des projets appuyant la résilience des collectivités face aux catastrophes. Ces projets pourraient inclure la construction de nouvelles infrastructures telles que des barrages et des digues, ainsi que le renforcement et l’expansion des infrastructures naturelles existantes comme les zones humides. Les résidents doivent être en sécurité et les services communautaires essentiels, comme l’électricité, l’eau, les égouts et les services d’urgence doivent pouvoir continuer à fonctionner pendant les catastrophes naturelles. C’est ce à quoi contribuera ce Fonds.

Les impacts des changements climatiques continueront de croître – tout comme les coûts associés pour y répondre. On estime que la réponse aux impacts climatiques au Canada passera d’un coût annuel de 5 milliards $ en 2020 à 21 à 43 milliards $ d’ici 2050. En faisant des investissements intelligents afin d’adapter nos infrastructures au climat dès maintenant, non seulement protégeons-nous mieux les Québécois lors des catastrophes futures, mais nous réduisons aussi les coûts inévitables qu’elles qu’entraîneront.

Le Québec continuera de vivre les effets des changements climatiques, mais l’annonce d’aujourd’hui en réduira les impacts. C’est un pas dans la bonne direction, mais il est impératif que tous les niveaux de gouvernement continuent leurs efforts pour mitiger ces effets et garantir la sécurité et la qualité de vie de tous les Québécois.