Un désolant manque de respect

En réaction à la lettre de Gérard Marier intitulée «La vraie raison de la demande pour des excuses papales envers les Premières Nations», publiée dans notre édition du 22 juin dernier.

C’est pourtant reconnu et dénoncé depuis plusieurs années. Des centaines d’enfants autochtones ont subi des torts importants, voire irréparables, dans plusieurs pensionnats catholiques au milieu du siècle dernier. Les instances gouvernementales d’alors ont été fautives en déracinant de leur famille ces fils et filles des Premières Nations. On a bafoué leur culture générale, incluant leurs coutumes, leur langue et leurs croyances. Pis encore, nombre de religieux en poste d’autorité ont abusé sexuellement des pauvres enfants qui leur avaient été confiés.

Récemment, la Chambre des Communes a demandé des excuses papales pour ces vicieux traitements à répétition. On ne peut rester indifférents à cette basse partie de notre histoire. Mais voila qu’un prêtre de Victoriaville s’insurge contre la requête de nos représentants en banalisant le drame humain sous prétexte qu’il ne s’agirait que d’une poignée d’écoles, entre bois et rivières. Gérard Marier qualifie même de perverse la demande d’excuses. C’est un total manque de respect à l’endroit de ces jeunes d’alors, aujourd’hui adultes et qui souffrent toujours de la bêtise humaine des gens à soutane concernés.

Le Vatican mérite beaucoup mieux dans l’ensemble je le reconnais, mais il m’apparaît minimal que les fautes mises à jour soient reconnues. À moins qu’un enfant autochtone issu des bois et rivières n’ait pas les mêmes droits que les autres.

Roger Matteau

Shawinigan