Maxime Bernier

Un député qui rame à contre-courant

Le chef du Parti populaire du Canada prend position contre l’enseignement de la sexualité à l’école. Ben coudonc. Sous prétexte de protéger les droits individuels, Maxime Bernier s’oppose à ce que nos jeunes soient informés de leur réalité sexuelle. Si je comprends bien, il faudrait s’en remettre au bon vouloir des parents, frères ou sœurs aînés, instructeurs sportifs, amis (es) de la ruelle ou autres. Le besoin est pourtant criant et l’urgence d’agir l’est autant selon les spécialistes en la matière. Bien sûr, nombre de détails sont encore à régler dont la formation spécifique des professeurs concernés, l’intégration complète au processus scolaire, le suivi des premiers balbutiements, etc. Ce n’est pas rien, j’en conviens, mais ce sont là les exigences d’un ajout qui a trop tardé. En comparaison, ce n’est pas parce qu’on s’interroge sur le nombre et la proximité des bornes de recharge qu’on doit se cambrer face à la popularité croissante des véhicules électriques.

Certains vont alléguer – l’Église catholique en tête - que nos ancêtres n’ont pas reçu cette formation à l’école du village, pas plus d’ailleurs que les cours d’anglais et d’informatique. Mais, nous ne sommes plus à l’époque des diligences. Nos fillettes n’ont pas à tricoter leurs gilets et les garçons ne servent plus la messe le dimanche. Nos jeunes ont des besoins différents pour affronter le présent. En faire la négation sous prétexte de brimer les droits de la personne équivaut à une irresponsabilité éducative, voire une malsaine stagnation. Pas surprenant que le chef du PPC soit si bas dans les derniers sondages. Sa cote de popularité se rapproche davantage de zéro que de héros. Maxime Bernier rame à contre-courant.

Roger Matteau

Shawinigan