Un certain dimanche de Pâques au temps de la COVID-19…

OPINIONS / Le vendredi 10 avril, M. Legault présentait, en toute transparence, les possibles scénarios concernant le retour à l’école de nos enfants du Québec. Bien évidemment et avec raison, le monde de l’éducation, particulièrement celui des parents s’est levé…

Mon âme amoureuse et passionnée de l’éducation avec un grand «E», a l’élan de partager… Écoute ce que chuchote mon cœur vers toi, acteur de l’éducation, mais surtout… Toi mon amour, mon enfant.

Je te sens depuis un moment chère petite âme. Je ressens ta soif de vérité, ta soif de créer, de rêver en paix, d’être libre de penser et de t’exprimer, libre de te découvrir. J’entends ton cœur qui veut comprendre ses émotions et pourquoi les conflits. Je ressens ton vide parfois et surtout, ta perte de sens à l’école. Tu te demandes pourquoi tu restes assis ainsi des heures et à quoi sert d’apprendre tout ce que tu dois apprendre et pour lequel on t’évalue. Tu te cherches dans cette école 2020. Tu cherches à comprendre qui tu es et qui sont les adultes et les humains qui t’entourent. Tu restes assoiffé plus souvent qu’autrement.

Bien souvent tu aimerais créer et réfléchir avec tes amis pour t’amuser à découvrir des solutions nouvelles à de réels problèmes et au sujet de situations qui ont un sens pour toi… Même tout petit, tu as 5 ans et sans que tu en sois conscient, tu es habité par ce rêve… Que l’école aujourd’hui soit plus connectée au monde actuel et aux réalités que tu vis. Tu as soif d’apprendre à te connaître à travers ton expérience d’école pour qu’enfin, tu aies confiance que ton humain unique puisse un jour contribuer à cette société en constante mutation, aux technologies nouvelles, dans laquelle les futurs métiers seront à créer et à inventer… Tu restes assoiffé plus souvent qu’autrement.

Si l’école devait recommencer en mai, que celle-ci profite de l’occasion pour donner à boire à nos enfants. Que celle-ci s’élève et s’expérimente, afin de se donner un tout nouveau sens. L’école au temps de la COVID-19 ! Osons lâcher prise sur le curriculum et la performance chiffrée… Nos enfants ont aussi d’autres besoins.

Chers parents, souhaitons pour nos enfants, un doux retour à leur micro-société, afin de se rencontrer eux-mêmes d’abord, mais surtout, eux, en relation avec les autres. Que cette rencontre soit guidée avec cœur par tous les acteurs de l’éducation, afin de transmuer la salle de classe, en un prétexte à la découverte et au partage. Que l’écriture, la lecture, les sciences, l’histoire, l’engagement citoyen et la logique soient des prétextes à cette rencontre, où toute pression de performance est écartée…

Acteurs de l’éducation, continuons à créer et à nous réinventer… Devenons des guides-facilitateurs. Sortons dehors avec nos enfants et adolescents pour leur enseigner l’atmosphère, la biosphère et la nature. Ouvrons des cercles de parole, afin de permettre à chaque enfant, quel qu’il soit de s’exprimer devant ses amis… Jouons à apprendre avec nos élèves, sans pression d’évaluation, en les rassurant que l’important actuellement est de nous retrouver, de découvrir et d’avancer ensemble dans ce contexte atypique et inconnu. Impliquons nos enfants et faisons-les participer à chacune des étapes. Transformons la salle de classe en terrain de jeu, où les apprentissages sont faits à l’horizontale et où au cœur de cet espace sacré, règne des adultes compétents et bienveillants, ouvrant les cœurs et stimulant chez l’enfant, en le respectant entièrement tel qu’il est, l’affirmation de soi, la créativité et la découverte.

Ayant vécu de 1632 à 1688, Baruch Spinoza écrivait ceci: «Cette éducation ne doit pas se limiter à l’acquisition de connaissances générales, mais aussi enseigner le vivre-ensemble, la citoyenneté, la connaissance de soi et le développement de la raison.»

Il me semble que le contexte actuel nous donne une opportunité de placer les compétences socio-émotionnelles au cœur même de notre école. Si le ministère de l’éducation et le gouvernement du Québec nous donnait le feu vert et nous l’autorisait en retirant toute pression d’évaluation? Si le ministère de l’Éducation en profitait pour épurer le contenu trop dense de notre novateur programme de formation, afin qu’il soit mieux vécu et transmis? Et si vous, parents, transformiez vos exigences de performance en souhaits de développement global pour votre enfant? Osons créer ensemble et n’ayons pas peur, faisons-le pour tous les enfants du Québec comme si nous le ferions pour les nôtres…

Tamara Ouellet-Lévesque

Caplan, Gaspésie