Maripier Morin
Maripier Morin

Un autre virus ravageur...

OPINIONS / J’en ai ras le pompon d’entendre toutes ces dénonciations qui en fait ne font que servir des groupes qui s’en régalent.

Jadis, nous avions ce que nous appelions les petits journaux jaunes, à potins souvent inventés, qui nous mettaient au fait de tous les scandales. Aujourd’hui, ce sont les réseaux sociaux qui remplissent ce rôle de faire courir les rumeurs et tous les médias s’en emparent. On aime les histoires juteuses et les pires scénarios sont évoqués.

Le mouvement #metoo, bien légitime au départ, suscite maintenant un déferlement de dénonciations, plus loufoques les unes que les autres, qui n’en finissent plus. On ratisse maintenant bien large. Tous les hommes blancs, hétérosexuels, sont devenus la cible à abattre, sûrement au plus grand bonheur du mouvement LGBTQ. Mais voilà qu’une lesbienne avouée publie qu’une vedette, féminine, l’a mordue à la cuisse. Elle ne porte pas plainte car elle ne croit pas en la justice; le tribunal populaire est tellement plus expéditif et aucune preuve n’est nécessaire. On est condamné illico et la carrière est détruite!

On repassera pour le courage de la dénonciation, (sur les réseaux sociaux il va de soi) tout comme dans le cas d’Yves-François Blanchet. Le sentiment de vengeance remplace maintenant celui du pardon et de la tolérance. Comme l’autoflagellation est notre sport national au Québec, certains avouent et s’excusent mais ne recevront jamais l’absolution pour autant. En plus de leur crédibilité, ces gens sont lâchement et expéditivement largués par leur maison de disques, leurs commanditaires et leurs producteurs, à qui ils ont pourtant fait faire beaucoup d’argent. On retire même leur nom de la liste des nominations pour les galas. Tout d’un coup, ils perdent également leur talent qu’on ne pourra reconnaître. Absurde!

Il y a plus de soixante ans déjà, époque où le bon sens avait encore sa place, ma belle-mère disait: «Un homme c’est fait pour demander et une femme pour refuser». Aujourd’hui, une simple approche, une demande ou un toucher sont considérés comme des abus. Tenter d’embrasser une femme sans avoir obtenu d’abord son consentement ou lui proposer d’avoir un quelconque contact est un délit. Pourtant, on a exclu la religion qui nous disait que le simple fait de désirer une femme était déjà un péché.

Aujourd’hui, les femmes, même très jeunes, n’ont pas peur de dévoiler leurs charmes en public et se montrent de plus en plus aguichantes. Méfiez-vous messieurs, l’appât n’est peut-être pas pour vous; il y a tellement de genres maintenant. Je cite ici Denise Bombardier dans son article intitulé: «Blanchet: mort politique annoncée», qui nous fait sérieusement réfléchir: «Nous vivons dans une drôle de période. Le confinement dû à la pandémie entraîne un défoulement public de victimes supposées ou réelles d’agression sexuelles, du viol aux propos graveleux [...] aucun citoyen n’est à l’abri d’une démolition de sa réputation.»

Pour moi, les débordements lors des manifestations pour l’abus envers les noirs entre dans cette classe et ça fait peur. On ne combat pas la violence par plus de violence! Je termine en citant Sophie Durocher, qui ajoute en parlant du cas de Maripier Morin: «Mais pourquoi... les autres artisans (comédiens, réalisateurs, techniciens, etc.) [et j’ajoute nous, note de l’auteur], doivent-ils être pénalisés par le retrait d’une émission pour une faute qu’ils n’ont pas commise et subir des dommages collatéraux d’une histoire qui ne les concerne pas?» La question que je me pose est: quand cesserons-nous de galvauder le vrai sens du mot courage? Le vrai courage est celui de faire face à la musique, non de lancer des allégations sur les médias sociaux. C’est ce qu’à décidé de faire monsieur Blanchet et j’ose espérer que ça suffira à Mélanie Joly et son superhéros Justin qui lui fait face à de véritables faits et non à des allégations.

Gaston Bouffard

Shawinigan