L’auteur de cette lettre est d’avis que tuer l’autre, c’est tuer notre planète.

Tuer l’autre, jamais plus

Encore un 11 novembre

Admirez ce monument; c’est une œuvre dédiée à la mémoire de la bêtise humaine: la guerre, l’ultime destruction inutile.

Ce soldat qui s’apprête à planter sa baïonnette ne vise pas une souris des champs; il vise le cœur d’un autre homme pour le tuer. Il s’apprête à tuer ce qu’on a baptisé un ennemi: un jeune homme amoureux fou, ou encore le père d’un enfant, ou même un génie en herbe qui sera fauché avant l’éclosion de ses premières fleurs. L’humanité ne récoltera aucun fruit de cette bêtise et trop souvent, ses victimes (par centaines de millions) seront d’innocentes personnes qu’on laissera là, tristes, sans joie de vivre, brisées, cassées, meurtries.

Pourtant, depuis cent ans, que dis-je, depuis la nuit des temps, l’hypocrisie humaine fait son œuvre de destruction inutile par l’horreur de la guerre. Se souvenir de ces horreurs d’année en année ne suffit pas à les arrêter! Aucune âme n’arrive vraiment à faire taire ces canons qui tuent même les âmes. Les baïonnettes n’ont plus leur raison d’être, car les armes d’aujourd’hui tuent sans faire couler le sang: ce sont les larmes qui se déversent, tel un déluge, du cœur de ces mères désemparées face à cette bestialité qui agresse sans cesse et qui fait mourir. Même la Terre-Mère s’épuise et se meurt d’autant de violence inutile qui tue assurément la joie de vivre durant nos quelques années de vie ici-bas.

Il y a une décroissance à imaginer et à orchestrer: celle de la guerre. C’est elle qu’il faut détruire, et cette destruction ne sera pas inutile. Ce mot «guerre» est à éradiquer de tous les langages planétaires. Et si l’on commençait par ce honteux budget de la Défense nationale; celle-ci n’a pour fin que de tuer l’autre avec des moyens colossaux, éliminer l’autre dans son corps et dans son âme, lui voler son pays et sa liberté de nation. On tourne en rond depuis toujours avec ce vieux concept; est-il nécessaire d’être armé contre nos voisins?

La guerre est une honte internationale. Rien ne sert de chercher à l’anoblir par quelques cérémonies ou industries. Nous devons arrêter de tuer et de menacer. L’hypocrisie du «Tu ne tueras pas» et celle du «Plus jamais la guerre» doit cesser maintenant! Ce sera là le premier geste concret d’une décroissance pour redonner les richesses aux peuples et à leur Terre-Mère: cessons les guerres.

Tuer l’autre, c’est tuer notre planète et nos mères qui donnent vie. Arrêtons ces massacres, car ce qu’il faudra conclure de l’humain ne rimera qu’avec l’incarnation de l’horreur.

«La première victime de la guerre, c’est la vérité.» (Jean-Simon Gagné, Journal Le Soleil, Québec)

Tuer l’autre, jamais plus; tuer la guerre, c’est urgent.

François Champoux

Trois-Rivières