Tu trouveras la paix dans ton cœur... et non sur les réseaux sociaux

OPINIONS / L’auteur, Pierre Potvin, est professeur retraité et associé au département de psychoéducation de l’UQTR. Il est aussi chercheur associé au CTREQ.

Quelle belle chanson de Stéphane Venne, interprétée dernièrement par plusieurs chanteuses québécoises pour rendre hommage à Renée Claude atteinte de la maladie d’Alzheimer.

Tu trouveras la paix

dans ton cœur et pas ailleurs...

Tu trouveras la paix

dans ton cœur

Et pas ailleurs, et pas ailleurs

La seule vraie tranquillité

Le grand repos, l’immobilité

«Tu trouveras la paix dans ton cœur, et pas ailleurs», c’est le défi de toute une vie. Un défi très difficile à relever, car dans notre monde d’aujourd’hui tout nous convie à chercher ailleurs la paix, la tranquillité, la sérénité. Notre environnement nous pousse à sortir de nous-mêmes pour tenter de trouver ailleurs la satisfaction et la joie de vivre.

Non seulement sommes-nous poussés à chercher à l’extérieur de soi, à avoir comme norme évaluative le regard des autres, mais en plus, nous sommes constamment invités à la comparaison avec autrui. Et comble de malheur, nous alimentons nous-mêmes le système par la diffusion sur les réseaux sociaux des parties embellies de nos vies.

Ainsi, est étalée sur Facebook la réussite de nos voyages. À Cuba, en Grèce, au Vietnam; on y voit aussi le paquebot de 12 étages de notre dernière croisière et les repas somptueux avec photos à l’appui; le charme de nos amitiés entre filles ou entre gars au sourire éclatant de bonheur; l’étalement de la joie de vivre de nos enfants, de notre fils qui vient de gagner le championnat au soccer, de notre fille virtuose en violon qui se voit attribuer le prix du Gouverneur général et, n’oublions pas les petits-enfants. Ha! ces petits chéris qui nous aiment tant, nous les mamies et les papis. Une chance que nous sommes là pour leur transmettre les «vraies» valeurs et les secrets cachés du bonheur.

Ces étalages irréalistes envoient de faux messages stimulant la comparaison dévalorisante. Ces environnements artificiels particulièrement sur les médias sociaux sont délétères non seulement sur nous, adultes, mais ils semblent de plus en plus atteindre les jeunes générations accros aux écrans. Les effets sont désastreux sur leur vécu, au point de mettre en danger une bonne partie d’enfants et d’adolescents québécois qui développent de l’anxiété et se retrouvent en détresse psychologique. Même l’Association des psychiatres du Québec sonne l’alarme.

«Tu trouveras la paix dans ton cœur, et pas ailleurs» n’est vraiment pas au goût du jour et est loin d’être une pratique adoptée. Malgré tout, il est important de s’y accrocher et de combattre les conditionnements orchestrés par les vampires à la solde d’un capitalisme sauvage. Ces GAFA, qui utilisent les plus récentes découvertes en neurosciences pour accrocher aux écrans les internautes et les fidéliser. Il reste un espoir pour contrer ces nouvelles habitudes de vie efficacement conditionnées par nos environnements technologiques, soit l’éducation aux saines habitudes de vie auprès des jeunes générations.