Les petites pentes en bitume sont, au regard de plusieurs personnes, une nuisance qui doit être corrigée sans égard au coût pour la populace et surtout sans se soucier de tous ceux qui, encore de nos jours, utilisent les trottoirs pour de déplacer, croit l'auteur de cette lettre.
Les petites pentes en bitume sont, au regard de plusieurs personnes, une nuisance qui doit être corrigée sans égard au coût pour la populace et surtout sans se soucier de tous ceux qui, encore de nos jours, utilisent les trottoirs pour de déplacer, croit l'auteur de cette lettre.

Trottoirs d’hier et d’aujourd’hui

OPINION / Faits pour la population piétonnière, ils furent en bois puis en béton. Jusqu’à mes jeunes années, ils étaient unis et permettaient au petit peuple d’y circuler allègrement et sans peine. Les mamans poussaient fièrement leurs carrosses, à pied, les papas allaient travailler et les enfants allaient à l’école du quartier, à l’école secondaire, de métiers ou au collège.

Depuis une trentaine d’années me précédant, les automobiles ont lentement fait leur apparition à côté des maisons des notables et commerçants à l’aise de nos villes. Les élus ont fait ce qu’il fallait pour les piétons puis pour les automobilistes; le bitume permit à celles-ci de rouler doucement, sans soubresaut. Mais il y avait un «hic»: accéder à son entrée pour les propriétaires de carrosses motorisés a nécessité la confection de petites pentes en bitume sur le bord de la rue jusqu’à la hauteur du trottoir. C’était la solution incontournable et à la satisfaction des piétons, des automobilistes et des valeureux employés municipaux qui, l’hiver venu, déblayaient proprement les trottoirs.

Au cours des années, le génie des humains a fait progresser l’automobile, plus rapide. Même chose concernant l’enlèvement de la neige, l’or blanc des entrepreneurs en déneigement qui font tout rapidement et qui n’aiment pas les réclamations pour les dommages causés aux petites pentes en bitume.

Le temps, c’est de l’argent! L’homme n’en a pas à perdre. Avec son automobile, il doit sortir ou accéder rapidement à son garage ou à son stationnement. Donc, les petites pentes en bitume sont, au regard de plusieurs personnes, une nuisance qui doit être corrigée sans égard au coût pour la populace et surtout sans se soucier de tous ceux qui, encore de nos jours, utilisent les trottoirs pour de déplacer.

Depuis ce temps nouveau de la vitesse, les petites pentes sont dans l’autre sens au grand déplaisir des piétons avec ou sans carrosse, des vélos à pédales ou électriques à deux, trois ou quatre roues.

Depuis mon jeune temps où j’ai vu disparaître les petites pentes en bitume sur le bord de la rue, je me surprends encore de constater que souvent, l’humain ne pense pas plus loin que le bout de son nez.

Élus et génies municipaux de nos villes, les trottoirs et bandes cyclables ne doivent plus jamais être conçus et construits comme ceux que vous savez. Pensez-y intensément, la bonne solution est probablement au bout de votre nez.

Une intéressante solution avait été présentée aux représentants des travaux publics par un citoyen du secteur Saint-Jean-Baptiste-de-la-Salle lors d’une réunion citoyenne organisée par la conseillère de l’époque. Inutile de vous dire que ce citoyen démarcheur en fut quitte pour aller prendre une tasse de thé.

Louis Pinsonnault

Trois-Rivières