Trop peu pour l’environnement et trop pour les entrepreneurs en construction

OPINIONS / Cette opinion fait suite à l’article publié le mercredi 11 mars sur le boisé de la rivière Millette. C’est toujours avec une grande déception que je suis les multiples dossiers environnementaux touchant notre ville. Il est malheureux de constater que, généralement, à chaque fois que des groupes de citoyens concernés démontrent une réticence ou une opposition face à un projet de développement résidentiel, qu’il soit toujours trop tard pour protéger une aire de verdure d’un quartier.

J’ai maintes fois observé lorsqu’un développeur résidentiel se pointe, l’administration trifluvienne facilite l’implantation de ce projet, déploie, déroge des règlements à une vitesse accélérée contrairement aux groupes environnementaux qui recherchent des consensus. Je ne suis pas contre le développement résidentiel mais, connaissant les enjeux environnementaux actuels, serait-il plus que temps que la Ville de Trois-Rivières exige de ces développeurs résidentiels et commerciaux un effort accru et important au point de vue conservation des arbres. Elle se doit d’instaurer de nouvelles normes sévères et, s’assurer de les faire respecter, en tant que conservation des boisés, des milieux humides etc.

Nous n’avons qu’à regarder les nouveaux développements. Ils sont vides, arides, pas un arbre. Que dire de la coupe des arbres autour des commerces comme il y a eu aux abords du stationnement de Costco. Avez-vous remarqué lorsqu’il y a un arbre le long ou dans un stationnement, ce sont les premiers endroits que les gens vont se garer. De plus, ces étendues immenses d’asphalte génèrent à eux-mêmes tant de chaleur, alors qu’est-ce que la Ville de Trois-Rivières attend pour obliger ces commerces à planter des arbres autour de ces stationnements ou alors le faire elle-même? Déjà, de par ce geste fort simple, ceci réduirait l’impact de ces îlots de chaleur tout en agrémentant visuellement notre ville.

Au-delà de tout cela, ma question reste toujours là-même envers les développeurs résidentiels et commerciaux versus les citoyens: comment se fait-il qu’il en soit ainsi? L’hypothèse qui me semble la plus réaliste à ma question est répondue par une autre question: est-il possible qu’il y ait un manque de transparence de la part de notre administration trifluvienne lorsque se présente un projet domiciliaire afin de restreindre au maximum les oppositions faites par les citoyens face aux entrepreneurs en construction? Il me semble que l’accès à ces terrains n’est jamais grandement publié. Peut-être, nous dira-t-on, que nous ne savons pas où regarder… c’est possible.

D’une part, sur ce sujet, est-ce que la Ville pourrait être plus proactive et afficher des annonces claires et accessibles pour tous les citoyens trifluviens? D’autre part, il me semble complètement incongru de voir tant de défrichement de boisés, d’espaces verts quand il y a un tas de terrains déjà défrichés disponibles. Serait-il possible que pour la Ville, donner le «go» à un entrepreneur en construction sur un terrain additionnel garantira (à la Ville), d’autres taxes foncières, le seul but de l’administration municipale? Où est-elle cette vision engageante qui nous projettera dans un monde vert, avant-gardiste? À ce point, si nos élus optent toujours pour la même vieille recette, c’est évident et indéniable que nous nous propulsons vers une ville qui sera comme toutes les autres grandes villes: sale, grise, polluée, dénudée de toute verdure et étouffante.

Est-ce que c’est cela que nous voulons laisser aux générations futures?

Carole Morin

Trois-Rivières