L’ex-ministre libéral des Finances, Raymond Bachand.

Trop c’est trop!

Ainsi donc, l’ancien ministre libéral des Finances a reçu, en une seule année, la modique somme de 700 000 $ en paiement d’honoraires à titre de conseiller stratégique dans le cadre de la négociation pour le renouvellement de l’ALENA. C’est ce que notre quotidien local nous apprenait dans son édition de ce lundi, 27 août.

700 000 $ en un an, c’est plus de 18 fois le salaire médian versé annuellement en Mauricie (38 220 $). Ce n’est tout de même pas rien. Le tout puisé dans le trésor public. Ce même monsieur appelait les Québécois à accepter de vivre une révolution culturelle fiscale en consentant dans l’enthousiasme aux coupes budgétaires et aux nouveaux tarifs imposés par son gouvernement.

Un peu comme l’ex-premier ministre Lucien Bouchard qui imposait en 1996 des coupes budgétaires de 2 milliards $ par souci d’équilibrer les finances publiques. Un homme prônant la rigueur en matière de gestion des finances publiques, mais qui, début 2015, acceptait de bon gré d’encaisser de la part du gouvernement du Québec 500 000 $ pour résoudre le différend entre l’État québécois, l’entreprise Produits forestiers Résolu et les communautés Cries et Innues du Lac-Saint-Jean.

Et que dire de Pierre-Marc Johnson, un autre ex-premier ministre, dont on estime que le cabinet a pu facturer au gouvernement du Québec depuis 2009 jusqu’à 3,5 millions $ pour représenter le Québec dans le cadre des négociations canado-européennes?

Ce sont là des émoluments faramineux que l’on verse à des ex-ministres et autres négociateurs autoproclamés alors que la haute fonction publique québécoise dispose d’un personnel chevronné capable d’assumer ces tâches et responsabilités avec toute l’expertise et la compétence nécessaires. Une haute fonction publique dans laquelle d’autres prophètes de la rigueur obstinée nous promettent de sabrer, mais à quel prix encore?

Trop c’est trop! Quand donc un gouvernement aura-t-il enfin le sens éthique nécessaire pour mettre fin à cette forme de gaspillage éhonté et pour en terminer avec le versement à même le Trésor public de ces rémunérations qui frisent l’indécence quand on les compare aux revenus de l’immense majorité de la population, dont les taxes et impôts alimentent ledit trésor? Voilà une belle occasion de réflexion en ces temps d’élections.

Denis Hébert

Trois-Rivières