L’auteur de cette lettre dénonce la lenteur des autorités à régler le problème qu’il appelle «Pyrrhotite- sur-Saint-Laurent».

Trois-Rivières a aussi son désastre...

On se souvient du «déluge du Saguenay», de la «crise du verglas», des «inondations de 2017», des «grandes marées gaspésiennes»; ces terribles événements étaient imputables à une nature déchaînée.

En général, les résidents touchés par ces causes naturelles ont rapidement reçu une aide gouvernementale. Par contre, les victimes de «catastrophes humaines» ne bénéficient pas toujours des fonds publics.

À l’exception de la tragédie de Lac-Mégantic, où l’accident ferroviaire a coûté la vie à 47 personnes, là, les autorités provinciales ont procédé rapidement au versement de plusieurs milliers de dollars.

Mais… il y aura bientôt dix ans que Trois-Rivières a aussi «son déluge, ses grandes marées et sa crise»; un désastre que l’on pourrait désigner sous l’appellation de «Pyrrhotite-sur-Saint-Laurent».

Depuis 2009, plus de 500 propriétaires sont en attente d’un règlement qui pourrait les soulager du lourd fardeau financier qu’ils doivent supporter à la suite de la «catastrophe surnaturelle».

Plus de 50 millions de dollars en travaux de réparation sont en jeu!

Pendant ce temps, la Ville et le gouvernement investissent plus de 53 millions de dollars pour la construction d’un nouveau colisée. Le gouvernement du Québec va contribuer pour 26 800 000 $ et les payeurs de taxes (incluant ceux dont la propriété est affectée par la pyrrhotite!) vont assumer l’autre moitié des coûts.

Le printemps n’est pas arrivé que les sinistrés sont toujours inondés et non pas par l’eau: ils se noient sous les dettes qu’occasionnent les procédures juridiques reliées au «béton du diable»!

C’est bien beau et bien utile un colisée: un «esprit sain dans un corps sain» est louable; il faut bien que le peuple patine afin de maintenir sa santé physique.

Notre magistrat sait patiner lui aussi… et il le démontre bien! Mais, ne devrait-il pas considérer que la santé mentale est, elle aussi, primordiale pour bien maintenir son équilibre?

N’aurait-on pas mieux agi en «prêtant» les 53 millions $ à nos concitoyens? Ainsi, mentalement libérés de ce faix, les victimes se porteraient aussi bien «entre les deux oreilles qu’entre les deux oreillettes»!

En 2010, le directeur de l’APCHQ, Bruno Nantel, soulignait la difficulté de gestion de la «crise de la pyrrhotite»: «L’empathie financière, on connaît ça. Mais l’empathie humaine, on n’est peut-être pas les meilleurs là-dedans. Je ne pense pas qu’on a fait une assez bonne job.».

En ce sens, lors de la «Journée de la santé mentale», le 31 janvier dernier, la compagnie Bell organisait une activité intitulée: «Cause pour la cause». Peut-être qu’à Trois-Rivières on pourrait espérer un «ose pour la cause» ou «pause pour la pose» et assister enfin à l’annonce d’une «résolution miracle»… qui changerait «l’or des fous» en pur calcaire?

Combien de suicides, de dépressions, de divorces, de séparations, de faillites, etc., faudra-t-il encore pour enfin agir?

Depuis maintenant des années, on semble imposer le silence… on tourne! Et… ça tourne; les avocats, les juges, les conseillers juridiques et même les hors-la-loi! Ces illusionnistes jonglent en se renvoyant la balle pendant que les victimes se retournent, se détournent et séjournent dans la fébrile attente d’une ristourne.

La population trifluvienne est lasse de ces dirigeants qui font la sourde oreille! Pendant que des familles souffrent des conséquences de la pyrrhotite, des élus, eux, semblent être atteints de la «pire otite» pour prétexter ne rien entendre!

La «bactérie mangeuse de béton» n’affecte pas seulement les structures; les victimes sont aussi contaminées que les fondations de leur résidence.

N’attendons donc pas que le langage des signes, par un majeur érectile, exprime notre mécontentement !

Jean Paquette

Trois-Rivières