Dans son analyse de l’année 2018, l’auteur François Roy parle du dictateur nord-coréen Kim Jong-Un en le décrivant comme un «méchant clown».

Trois petites histoires pour saluer 2018

L’auteur, François Roy, est retraité du monde des communications après une carrière de plus de quarante ans. Entre 1999 et 2015, il a signé plus de 700 chroniques historiques dans Le Nouvelliste.

Difficile de résumer l’année qui se termine. Permettez que je me limite à vous parler de deux personnages qui ont marqué l’actualité en 2018. Je les surnommerai «le méchant clown» et «le gros nounours». J’ajouterai un exploit sportif qui est passé inaperçu mais que vous devriez apprécier. Merci et bonne lecture.

Première histoire: le méchant clown. Début 2018, l’actualité est pleine de Kim Jong-Un. Ce n’est pas une sorte de soupe orientale, plutôt le nom d’un dictateur nord-coréen. Un de ces soirs, alors que je garde ma petite-fille Juliette, cinq ans, la télé nous montre ce petit gros en pyjama qui fait des sparages devant un lance-missiles. Je réfléchis tout haut en disant: «Méchant clown!». La petite arrête de jouer, jette un œil sur l’écran puis se tourne vers moi pour demander comment un clown pouvait être méchant. Faut lui expliquer que le clown en question collectionne les gros pétards et que sa bande de «suiveux» l’applaudit chaque fois qu’il en fait sauter un devant les caméras. Elle demande s’il y a du danger pour elle et ses amis de l’école Jacques-Buteux. Je dis non, bien sûr, mais au fond je considère que la paix du monde est menacée chaque fois qu’un méchant clown joue avec des gros pétards.

Deuxième histoire: le gros nounours. Fin 2018, l’actualité est pleine de Doug Ford. Il a un nom de vendeur de chars usagés, mais il est en fait le premier ministre de l’Ontario. Il n’a pas l’air méchant comme ça… On dirait un gros nounours. Mais attention, il mord! Ce jour-là, justement, il a mordu dans les services en français et ça m’a fait mal. Chaque fois qu’on malmène les francophones hors Québec, c’est plus fort que moi, je pense à mon oncle Robert. Il avait quitté Nicolet pour fonder une famille en Saskatchewan et quand j’allais le voir, il me racontait la grande difficulté de vivre en français dans l’ouest de ce pays que l’on dit bilingue, équitable et tolérant. Vous autres, vous n’avez peut-être pas d’oncle Robert, mais j’espère que vous êtes solidaires avec vos frères et sœurs hors Québec. Quant au gros nounours Doug Ford, je sais qu’il y en a un pire aux États-Unis et d’autres ailleurs dans le monde, ce qui est mauvais signe pour notre chère démocratie.

Finalement, ma troisième histoire, c’est l’exploit sportif de l’année. En fait, l’exploit a été réalisé en 2017, mais il a été largement publicisé en 2018. Le héros est un Français du nom de Bellemare, qui gagne très bien sa vie dans la Ligue nationale de hockey. Pour un match international, le voici avec l’équipe de France qui affronte un club national finlandais considéré comme bien supérieur. Les Français s’en sortent, grâce à Bellemare et à un obscur gardien de but sans avenir qui joue à temps partiel et qui a survécu à la mitraille des Finlandais. Après le match, on déroule le tapis rouge et on invite Bellemare à recevoir le titre de joueur du match et le cadeau qui va avec. Devant tout le monde, Bellemare refuse le titre et remet le cadeau à l’obscur gardien de but. Cette histoire nous apprend deux choses. Premièrement, les Bellemare ne viennent pas tous de Yamachiche (c’est une surprise). Deuxièmement, les gros salariés du sport professionnel ont parfois de la modestie et du cœur.

Bonne année 2019.