L’histoire de Jessica Yaniv, née Jonathan Yaniv, fait beaucoup jaser en Colombie-Britannique. Cette militante transgenre se retrouve au cœur d’une controverse et est pointée du doigt pour harcèlement, propos racistes ou indécence. L’auteur de ce texte se demande pourquoi les médias et les associations de personnes trans demeurent silencieux face à ce cas.

Transgenre contre esthéticiennes

OPINIONS / Jonathan-Jessica Yaniv (JJY) est un transgenre britanno-colombien ayant porté plainte contre seize esthéticiennes pour discrimination fondée sur l’expression et l’identité de genre. Les audiences se tiennent devant le Tribunal des droits humains de la Colombie-Britannique. Leur tort? Avoir refusé de lui faire un «bikini brésilien» (épilation intégrale des poils pubiens, génitaux et périanaux).

Pour des raisons religieuses ou de sécurité, ces femmes ne souhaitaient pas lui tripoter le zobe et le trou de balle. Un témoin expert a expliqué que les manipulations provoquent parfois l’érection du client qui peut exiger des services sexuels et devenir menaçant à la suite du refus. Comme l’a déclaré un avocat de la défense, ce n’est pas l’épilation d’une identité de genre qui est exigée, mas celle d’organes génitaux masculins. Ça tombe sous le sens, n’est-ce pas! Mais pas pour ce transgenre qui clame que le fait d’être légalement reconnu femme lui donne accès à tout service destiné aux femmes, sans égards aux circonstances spécifiques ni aux besoins et droits des protagonistes.

Depuis la levée de l’interdit de publication de son identité, on en apprend des belles sur JJY. Qu’il tient des propos carrément racistes envers les immigrants; or, plusieurs des esthéticiennes visées sont issues de l’immigration, il a même affirmé qu’on devrait les déporter pour refus de respecter la Loi, en qualifiant même une de néonazie. Que depuis des années, il harcèle sexuellement des mineures sur les réseaux sociaux, ayant même demandé à l’une d’elles de photographier ses tampons hygiéniques pour lui. Il semble d’ailleurs obsédé par les menstruations et les tampons: non seulement il cherche comment approcher des fillettes préadolescentes, mais il souhaite leur enseigner comment insérer des tampons. L’une de ses nombreuses requêtes auprès du Conseil de Ville de Langley (Colombie-Britannique) consiste à créer un programme scolaire qui enseignerait aux jeunes comment prendre des hormones pour changer de genre. Il souhaite aussi y organiser une baignade collective exclusive pour les LGBTQ, mais sans parents ni gardiens bien que l’âge minimal soit douze ans (pas d’âge maximal) et que les participantes et participants soient topless.

Malgré cette liste non exhaustive de faits aux multiples répercussions potentielles d’intérêt public, il en est un particulièrement interpellant: aucun média national n’assiste aux audiences ni ne les rapporte. C’est grâce à un utilisateur Twitter que leur déroulement est publié par quelques sites web, dont Post Millennial et Reddit.

Sous prétexte de respect des droits transgendéristes, un pervers pourrit la vie de seize femmes, au point que quelques-unes ont dû fermer boutique et que d’autres ont payé pour régler hors cour, et ça n’intéresse pas nos grands médias! Une Cour de justice est mobilisée pour satisfaire les droits d’un prédateur au détriment de ceux de seize femmes, et c’est sans intérêt!

Meghan Murphy, journaliste créatrice du site Feminist Current, a publié un texte fort instructif sur le sujet. Il est titré: «Le scandale Yaniv est le résultat de l’activisme trans. Est-ce qu’inclusiviter signifie que le droit canadien peut contraindre les femmes à manipuler un pénis?» Et sa conclusion est: «Aucune femme ne devrait être harcelée pour toucher un pénis contre son gré. Et le fait qu’il faut le clamer fort au Canada, en 2019, est une honte!»

Murphy demande pourquoi Radio-Canada ou CBC, média ayant les meilleures ressources pour couvrir les faits cruciaux de l’actualité, qui se fait «cheeleader» de l’identité et des droits trans, se tait «mystérieusement» lorsqu’il est question des droits de ces femmes et du scandale Yaniv. Pourquoi les organisations trans, qui ont célébré et promu leur idéologie et la législation sur l’identité de genre, restent-elles silencieuses?

Certes, les droits des minorités sexuelles doivent être protégés, mais certainement pas au détriment des droits des femmes, rien ne le justifie! Les associations trans elles-mêmes devraient condamner publiquement le comportement de JJY afin d’éviter d’y être amalgamées. En tant que femmes, ne doivent-elles pas être solidaires de leurs congénères?

Robert Duchesne

Trois-Rivières