Tout n’est pas aussi noir...

Lettre adressée aux représentantes de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), de la Fédération de la Santé du Québec (FSQ-CSQ) et de l’Association des retraitées et retraités de l’éducation et des autres services publics du Québec (AREQ-CSQ), qui ont demandé à la protectrice du citoyen de mener une enquête dans les établissements de santé du Québec.

Mesdames Chabot, Montour et Lapointe,

Si ça peut vous rassurer et vous renseigner, sachez que les soins et les services pour le maintien à domicile existent sur le territoire du CIUSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec, et qu’ils sont hors pair, dispensés par des ergothérapeutes, des travailleuses sociales et des auxiliaires compétentes et totalement empathiques. Du moins pour la région de Louiseville.

Affligé par une sévère maladie dégénérative, ces anges m’ont accompagné et équipé à mesure que ma situation se détériorait, me permettant jusqu’à présent de rester chez moi et soulageant mon épouse devenue mon aidante naturelle, malgré sa sclérose en plaques. Mon domicile a été adapté (PAD) et je bénéficie d’un fauteuil roulant électrique autosoulevante, d’un fauteuil, d’un lit et d’un siège d’aisance eux aussi autosoulevants et électriques. Je bénéficie aussi d’une foule d’autres gadgets comblant la perte de mobilité et de dextérité. J’attends un deuxième PAD qui aménagera la pièce où je séjourne pour le moment et où je serai confiné au lit définitivement, puisque ma condition est entrée dans son dernier droit. Nous bénéficions aussi des services d’une femme de ménage et le ministère nous paie pour le salaire d’une aide à l’hygiène et au répit, pour soulager mon aidante. Nous sommes aussi éligibles pour le transport adapté.

Bref, tous ces services et équipements (plusieurs dizaines de milliers de dollars) en pleine austérité et dans le vilain système de santé du Québec. Enfin, orphelin de médecin de famille depuis sept ans, je me suis inscrit sur Internet et dans les mois suivants, l’un d’eux m’a contacté et adopté.

Tout n’est certes pas rose au Québec, mais n’est définitivement pas aussi noir que le laissent sous-entendre la rumeur publique et le cynisme institutionnalisé. Grâce à toutes ces vaillantes intervenantes et grâce aussi à l’efficacité de mes services sociaux locaux, j’ai évité jusqu’à présent, l’institution redoutée, bien que les échos que j’en ai soient très positifs au sujet du personnel qui y oeuvre.

En d’autres mots mesdames, avant de généraliser et de dénoncer sans trop de nuances, voire de noircir la situation, il est parfois nécessaire et utile de se renseigner, ne serait-ce que pour donner de l’espoir aux futurs malades en perte d’autonomie. Et sachez-le, je ne suis pas un partisan du Parti libéral.

Michel Favreault

Sainte-Ursule