L’auteure de cette lettre a été un témoin privilégié des activités des Artisans de la paix, puisqu’elle y a elle-même été bénévole. Aujourd’hui, alors qu’elle s’apprête à quitter la région, elle tient à rendre hommage aux dirigeants, aux employés et aux bénévoles qui répondent à des besoins criants.

Tout ce qui n’est pas donné est perdu

Cette phrase de Richard Desjardins fait réfléchir. En effet, on se demande souvent comment aider notre prochain. Avec nos rythmes de vie effrénés, on manque de temps pour soi. Comment donner à l’autre ce qu’on ne possède même pas pour soi-même? Ce que j’ai compris en faisant mon bénévolat aux Artisans de la paix, c’est qu’un simple don de vêtements, de meubles, d’objets aide directement les gens dans le besoin.

Toute cette prise de conscience a commencé lorsque je suis arrivée sur le marché du travail. En commençant un emploi en bas de l’échelle, j’étais sur appel. Je me suis dit que je pourrais faire du bénévolat en attendant. Juste pour me tenir occupée et active. J’ai choisi Les Artisans de la paix simplement parce que j’habitais tout près et parce qu’honnêtement, en y allant régulièrement, on peut y trouver de véritables trésors. Plus je m’y rendais, plus je constatais que cet organisme aide vraiment les gens. Pas simplement avec les paniers de Noël, l’aide alimentaire, la distribution de sacs d’école et les repas du midi, mais beaucoup plus encore. Je dis «simplement», mais il faut comprendre que seulement pour les paniers de Noël, cet organisme a besoin d’environ une centaine de bénévoles pour en faire la distribution. Imaginez!

L’autre point qui m’a beaucoup touché est la réinsertion sociale. On en entend souvent parler, on peut douter de son efficacité et de sa réussite. Et bien, durant mes trois années de bénévolat, j’ai été témoin de plusieurs succès. Je pense notamment à un jeune homme qui a commencé en faisant du bénévolat en partenariat avec la Maison Carignan lors de la distribution des paniers de Noël. Il vivait des moments difficiles et voulait reprendre le contrôle sur sa vie. Ce jeune homme a commencé avec un programme d’aide aux travailleurs. Il a tellement été apprécié qu’à la fin de son contrat, Les Artisans l’ont engagé. Ça peut paraître banal, mais ça ne l’est pas du tout. Avoir une deuxième chance et se rendre compte de ses capacités est primordial dans la vie. Cet organisme redonne un élan aux gens. Il leur offre un espace sans jugement et leur permet de briser l’isolement, de rencontrer de nouvelles personnes, de reprendre confiance en leurs moyens, de se sentir utiles, de se sentir vivants! Ce n’est pas banal! Je pense aussi à deux autres belles intégrations. Deux immigrants ne parlant pas un mot de français. Ils sont venus pour s’occuper, apprendre le français et rencontrer des gens. Ils parlent de mieux en mieux le français et essaient de s’intégrer.

Ils font aussi du dépannage pour les vêtements et les meubles. Ça veut dire que s’il se passe quelque chose dans votre vie et que vous devez repartir à zéro, alors les Artisans peuvent vous aider. Personne n’est à l’abri d’un feu, d’une séparation difficile, etc. Sur place, deux incroyables intervenantes vous accueillent avec bienveillance afin d’observer vos besoins et d’y répondre en conséquence. Elles vont aussi référer les personnes qui ont des besoins spécifiques vers des organismes précis. Leurs activités sont beaucoup plus variées que l’on pourrait le croire. Oui, en achetant dans ses magasins, on contribue à sauver l’environnement. On redonne une vie à des objets, on fait des trouvailles, on permet de diminuer les déchets et la consommation, mais on aide aussi son prochain. Vous vous demandez sans doute pourquoi j’écris ses mots sur Les Artisans? Eh bien, je quitte la région et je voulais faire connaître les diverses facettes de cet organisme à la population. Merci énormément aux Artisans et à son équipe dévouée pour ces trois belles années. Une reconnaissance toute spéciale à Mado B., une dame au cœur pur et d’une grande sagesse.

Sophie Frenette

Trois-Rivières