Un vieillard à la barbe blanche, vêtu de rouge, régnant dans le ciel, dégageant une bonté sécurisante, nous invitant à venir à lui, comme des enfants... Peut-être que cette image est à l’origine de notre bon père Noël qui, n’affichant aucun signe religieux, répond à nos besoins intrinsèques d’être aimés et protégés comme des enfants, et récompensés pour bonne conduite?

Tour de Terre 2017

Dans l’Antiquité (-3500 av. J.-C. à 500 ap. J.-C.), les Romains se réjouissaient lors des Saturnales, ces fêtes païennes du solstice d’hiver, qui rappelaient que, progressivement, le jour s’imposerait à la nuit, en vainqueur! Ensuite, un petit enfant est né...

Le Messie était annoncé depuis des siècles, par les auteurs de l’Ancien Testament, regroupant, en hébreu et en grec, les écrits antérieurs à Jésus-Christ, tels que dictés par Yahvé, sur une période de 1600 ans. L’invention de l’écriture sépare la préhistoire de l’Antiquité, tandis que la Bible de Gutenberg, en 1455 ap. J.-C., fut le premier livre imprimé en Europe. Le Nouveau Testament contient l’ensemble des écrits relatifs à la vie de Jésus, rédigés par les apôtres pendant quelques décennies seulement. Il est ignoré par les Juifs, qui vénèrent toujours Yahvé, attendent encore le Messie et célèbrent Hanouka pendant huit jours, la fête des Lumières. Pour tous les chrétiens, l’Ancien et le Nouveau Testament composent la Bible, qui fait briller intellectuellement le christianisme et progresser l’évangélisation, au début du IIIe siècle ap. J.-C..

* * *

Le temps ne connaît ni début ni fin, nous mesurons seulement sa durée et non son entité. La mesure du temps a été unifiée pour toujours (?), à l’échelle de la planète, avec l’événement de la naissance de Jésus. En effet, toutes les organisations mondiales utilisent comme système de datation, l’«AVANT Jésus-Christ» et l’«APRÈS Jésus-Christ», pour désigner «notre ère» ou l’«ère chrétienne». Vers l’an 525, Denys le Petit, un moine érudit choisi par le pape Jean 1er (523-526), pour déterminer la date de Pâques, lui aurait ce faisant, recommandé de fixer l’Anno Domini à l’an un.

* * *

Mais il faut aussi des calendriers pour cumuler le temps!
Le calendrier julien a été introduit par Jules César en 46 av. J.-C., au tout début de l’Empire romain, pour aligner les saisons avec le soleil.
Notre calendrier grégorien est aussi un calendrier solaire, basé sur le temps requis à la terre pour faire le tour du soleil (365 jours) et pivoter sur elle-même (24 heures), délimitant ainsi nos 24 fuseaux horaires. L’heure de Greenwich (GMT) était la référence depuis le 2 août 1880, mais depuis le 1er janvier 1972, elle a été remplacée par le Temps Universel Coordonné (UTC). Le pape Grégoire XIII (1572-1585) a adopté ce calendrier le 15 octobre 1582. Par la suite, même les cultures ne reconnaissant pas Jésus-Christ l’ont utilisé, en modifiant l’an un, selon leurs croyances: les Juifs ont choisi la date de la Création, qui correspond selon eux, à l’an 3761 av. J.-C.; les Musulmans ont choisi la date du départ de Mahomet pour Médine, en 622 ap. J.-C.;
les Chinois, pluralistes, ont choisi la date de la fondation de la République en 1912.

* * *

Toutes les religions exercent un pouvoir spirituel sur les esprits, les âmes, l’intelligence, la conscience, l’éthique (?), etc., et tous les gouvernements établissent leur pouvoir temporel sur l’ordre social en l’imposant sur les corps et les biens. Le plan de match gagnant ( ??? ) pour l’humanité, consiste à exercer le pouvoir absolu sur l’esprit et le corps, et à provoquer ainsi des guerres de religions, qui font des victimes innocentes et des perdants... Paix sur Terre aux «êtres humains» de bonne volonté!

* * *

Albert Einstein, ce grand physicien théoricien, juif non pratiquant, a déclaré être non-croyant mais religieux, uniquement dans sa contemplation de la structure de l’Univers, compatible avec la science, qui n’est associée à aucun dogme ni croyance. À la question: «Croyez-vous en Dieu?», Einstein a répondu: «Définissez-moi d’abord ce que vous entendez par Dieu, et je vous dirai si j’y crois.» Einstein a aussi écrit: «...la Bible est un recueil de légendes, certes honorables mais primitives et qui sont néanmoins assez puériles...». La Bible nous enseigne des concepts abstraits illustrés par des allégories, ensuite reproduites, par des peintres célèbres comme Michel-Ange! Aurions-nous seulement retenu les images en ignorant les messages?

* * *

Rappelons-nous une de ces images: «Un vieillard à la barbe blanche, vêtu de rouge, régnant dans le ciel, dégageant une bonté sécurisante, nous invitant à venir à lui, comme des enfants...». Peut-être, cette image est-elle à l’origine de notre bon père Noël qui, n’affichant aucun signe religieux, répond à nos besoins intrinsèques d’être aimés et protégés comme des enfants, et récompensés pour bonne conduite? D’ailleurs, n’habite-t-il pas le Pôle Nord, ce point de rencontre magique de tous les méridiens, là où, théoriquement le temps n’existe pas?

* * *

Le message de Noël c’est que, peu importe nos allégeances spirituelles et politiques, cette fête nous rassemble dans l’amour et la paix universels, et répond à notre vœu le plus cher: vivre heureux!
Joyeuses Fêtes au monde entier!

Denyse St-Onge
Trois-Rivières