Le député de Nicolet-Bécancour à l’Assemblée nationale, Donald Martel, réagit ici aux propos tenus par son homologue de Trois-Rivières, Jean-Denis Girard, au sujet de la variation des taux de taxe scolaire dans les différentes régions du Québec.

Taxe scolaire: les explications du député Girard ne tiennent pas la route!

L’auteur, Donald Martel, est député de la Coalition avenir Québec pour la circonscription de Nicolet-Bécancour.

Dans un article du Nouvelliste publié le 14 juillet dernier, le député de Trois-Rivières, Jean-Denis Girard, expliquait les variations de taux de taxe scolaire entre les régions par le fait que «les besoins en éducation diffèrent grandement d’une région à l’autre». Il précisait ensuite que différents facteurs tels que les infrastructures, le nombre d’élèves et la distance varient dans chaque région du Québec. Voilà donc ce qui expliquerait pourquoi, selon le député de Trois-Rivières, le taux de taxe scolaire des citoyens de la Mauricie et du Centre-du-Québec est jusqu’à 300 % plus élevé que celui des contribuables d’autres régions .

Malheureusement, les explications de Jean-Denis Girard ne tiennent pas la route. En effet, selon ce qu’il affirme, la région avec le taux de taxe scolaire le plus bas devrait nécessairement être la région avec la plus petite superficie et la plus faible densité, essentiellement en raison des coûts du transport scolaire. Or, il n’en est rien. Il n’y a pas de corrélation entre le niveau de taxation scolaire décrété dans chaque région et la superficie ou la densité du territoire. La région des Laurentides, par exemple, a un territoire trois fois plus grand que le Centre-du-Québec mais le taux de taxation y est de 10 cents par rapport à 30 cents (le même taux qu’en Mauricie). À Laval, qui est beaucoup plus petite que les Laurentides, le taux de taxation est de 23 cents. Dans Chaudière-Appalaches, qui a une superficie et une densité de population similaires aux Laurentides, le taux y est presque deux fois et demie plus élevé.

Mais, au-delà de ces chiffres, le concept même de la taxation variable en fonction de la région demeure inadmissible, quand on parle de services publics. Imaginons, par exemple, que les personnes vivant sur la Côte-Nord aient à payer une facture additionnelle pour les services relevant du ministère de la Santé et des Services sociaux sous prétexte que l’administration de ces services coûte plus cher en région éloignée que dans les grands centres. Cela n’aurait aucun sens! Les services de santé sont des services essentiels et tous les citoyens doivent y avoir accès également. L’État ne peut pas pénaliser les citoyens en fonction de leur situation géographique, de leur localisation. Ça serait impensable. Pas plus en éducation qu’en santé.

Pourtant, c’est ce que fait le gouvernement libéral de Philippe Couillard à l’heure actuelle. Et ce qui est le plus difficile à comprendre, c’est que la région la plus pénalisée, la Mauricie, est actuellement représentée par cinq députés libéraux à l’Assemblée nationale. C’est la raison pour laquelle je suis profondément choqué devant l’échec de ma consœur et de mes confrères libéraux de la Mauricie qui n’ont jamais pris la défense de leurs concitoyens sur cette question. Et je trouve un peu déplorable la tentative récente de Jean-Denis Girard de justifier l’injustifiable, lui, le député de Trois-Rivières qui représente pourtant une circonscription située au cœur de cette problématique.

Enfin, je veux assurer mes concitoyens de la Mauricie et du Centre-du-Québec que l’engagement ferme de la CAQ consiste à établir un taux de taxe scolaire fixe et uniforme pour l’ensemble du Québec, soit 10 cents par tranche de 100 $ d’évaluation. Quel que soit l’endroit où ils vivent, les citoyens du Québec vont être assujettis au même taux de taxe scolaire. C’est une question de justice, de transparence, d’équité et il me semble, de gros bon sens.