Surtout pas béni-oui-oui

OPINIONS / L’auteur, Pierre Montreuil, est conseiller municipal du district du Carmel, à Trois-Rivières.

Plusieurs personnes ont pris la plume dans cette tribune pour appeler à la formation d’un parti politique à Trois-Rivières. Quelques-unes ont réagi en demandant que soit conservée l’indépendance des personnes élues. Le propos de M. François Champoux m’a vraiment interpellé. J’utilise l’un de ses arguments pour mettre mon grain de sel dans la question.

Ayant travaillé pendant presque 20 ans pour la religion catholique, l’expression «béni-oui-oui» de M. Champoux m’a piqué au vif. Pendant cette période de ma carrière de 35 ans, j’ai tenté d’agir avec professionnalisme. Ayant parfois dit mon opposition à mes confrères et consœurs de travail devant certaines positions officielles, j’ai appris à composer avec des opinions divergentes.

Pas question de perdre cette indépendance d’esprit en prenant ma retraite et en devenant conseiller municipal. J’ai des valeurs qui venaient avec le candidat indépendant quand je me suis présenté en 2013 et en 2017. Élu en novembre cette année-là, j’ai eu la chance de découvrir des élus d’âges différents et d’horizons différents.

Tous et toutes avaient comme but commun de faire progresser Trois-Rivières. Les moyens préconisés étaient parfois différents, mais l’objectif demeurait le même. Si les personnes élues le 5 novembre 2017 avaient été des «béni-oui-oui», nous aurions pu nous laisser séduire par un gourou qui détenait une vérité incontestable. Ce ne fut heureusement pas le cas.


« «Un conseil de ville n’est pas un conseil d’administration où les détenteurs majoritaires d’actions votantes mènent le bal. Un conseil de ville doit orienter l’organisation et le travail de la fonction publique selon une planification stratégique sur trois, cinq ou dix ans.» »
Pierre Montreuil

Aux nostalgiques qui rêvent d’un leader tout-puissant, je réponds qu’il n’y a pas trop de conseillers et conseillères. La variété des expériences, des formations et du vécu des élus est une richesse en autant qu’elle est stimulée plutôt que bâillonnée. Ce que Jean Lamarche arrive à faire de mieux en mieux. Ce que la personne qui sera élue maire ou mairesse en 2021 devra continuer de faire.