L’auteur de cette lettre pense que les fonds publics seraient plus utiles pour le transport en commun ou d’autres activités festives que pour le projet du GP3R.
L’auteur de cette lettre pense que les fonds publics seraient plus utiles pour le transport en commun ou d’autres activités festives que pour le projet du GP3R.

Subvention au GP3R: les bottines ont suivi les babines

OPINIONS / Quand nous avons appris que la Ville de Trois-Rivières a été sollicitée par la direction du GP3R pour quêter, comme d’habitude, un montant de 100 000 $ pour l’organisation d’une autre fin de semaine, soit pour la création d’un rallycross hivernal, les principes du développement durable nous sont apparus en contradiction flagrante avec ce projet bruyant et producteur de gaz à effet de serre (GES) indésirable.

Si les citoyens étaient consultés de façon adéquate, on peut parier qu’il y aurait peu d’acceptabilité sociale pour ce genre d’activité polluante qui va à l’encontre de ces principes.

Comme le conseil de ville n’a pas été élu pour favoriser des producteurs de GES… Lors de la dernière réunion publique, neuf conseillers et conseillères ont manifesté, en toute transparence, que leur conscience environnementale n’était pas à géométrie variable. Pour eux, leurs bottines ont suivi leurs babines: ils se sont rappelé justement que la Ville de Trois-Rivières avait signé en décembre 2018 la Déclaration universelle d’urgence climatique.

En respectant – à la lettre – les 16 principes de la Loi québécoise sur le développement durable qui sont bien décrits sur le site du ministère de l’Environnement du Québec, nous avions proposé aux membres du Conseil que la Ville de Trois-Rivières pourrait ou devrait:

• Ne plus subventionner le GP3R à raison de plus d’un million $ par an que les contribuables payent avec leurs taxes;

• Faire planter par la grosse équipe des bénévoles du GP3R, non pas 200 arbres, mais quelque 9500 arbres par an pour compenser les tonnes de GES que les deux fins de semaine bruyantes du GP3R produisent impunément chaque été et ainsi faire amende honorable, tant que faire se peut.

Cela respecterait le quinzième principe du développement durable, à savoir:

Pollueur/payeur: les personnes qui génèrent de la pollution ou dont les actions dégradent autrement l’environnement doivent assumer leur part des coûts des mesures de prévention, de réduction et de contrôle des atteintes à la qualité de l’environnement et de la lutte contre celles-ci.

Et le premier principe, Santé et qualité de vie: les personnes, la protection de leur santé et l’amélioration de leur qualité de vie sont au centre des préoccupations relatives au développement durable. Les personnes ont droit à une vie saine et productive, en harmonie avec la nature.

La conseillère Mariannick Mercure a bien eu raison de s’insurger énergiquement contre ce projet de mauvais usage des fonds publics. Ainsi, mardi soir, la majorité du conseil a été sensible à ses doléances écoresponsables. Ces fonds publics seraient bien plus utiles ailleurs, entre autres pour améliorer le service de transport en commun ou encore organiser de multiples activités festives non seulement au centre-ville mais aussi dans les différents quartiers. Cela rejoindrait le souhait plausible du maire Jean Lamarche de voir notre ville animée durant l’hiver.

Que l’imagination soit au pouvoir pour découvrir et réaliser d’autres moyens plus acceptables et ainsi assurer une qualité de vie en harmonie avec la nature. Ainsi, Trois-Rivières, qui est devenue récemment une Communauté bleue, pourrait effacer sa mauvaise réputation de ville TRès-Écocidaire et viser plutôt à devenir une véritable ville TRès-Verte.

Philippe Giroul

Trois-Rivières