La Société de transport de Trois-Rivières est sur la sellette depuis qu’elle a apporté des changements à son réseau.

STTR: l’équation

Depuis les changements apportés cet été au réseau de transport de la STTR, cette dernière se retrouve souvent sur la sellette. Avec le recul, il appert que toute scientifique qu’ait été l’équation menant à ces transformations, on a changé quatre trente sous pour une piasse, le trouble en plus! Inutile de dire que sans argent neuf, il est difficile d’améliorer tangiblement une offre de service. Lors desdits changements, exercice de relations publiques oblige, le directeur général de la STTR, Guy Demontigny, est allé faire un tour à l’émission de Robert Pilote, où les diverses doléances se sont succédé. Travaillant avec une clientèle ayant des limitations physiques, je m’étais permis, lors de cette tribune, un commentaire constructif, passant le message de ne pas oublier les usagers qui dépendent carrément des services de la STTR. Les clientèles ayant une déficience intellectuelle, un trouble du spectre de l’autisme ou une déficience physique font, sans aucun doute, partie de ces usagers «otages» de la STTR.

À l’auditorium de Saint-Joseph, mercredi matin le 4 décembre, avait donc lieu, à l’initiative du Bureau du partenariat du CIUSSS et avec le concours du Regroupement Mauricie, une rencontre de réflexion sur la concertation DI-TSA-DP volet intégration au travail et communautaire. L’objectif: en un premier temps, réseauter les différents acteurs (organismes communautaires, réseau scolaire, ressources au niveau de l’employabilité, parents d’enfants ayant une DI ainsi que les membres du CIUSSS), dans un second temps, contribuer à l’amélioration et l’actualisation des trajectoires d’intégration au travail et communautaire. En résumé, le but est de favoriser l’emploi des personnes vivant avec ces limitations. Parmi les nombreux enjeux et défis retenus, il y a, vous le devinez, le transport adapté.

Quel ne fût pas ma surprise de constater que l’invitation faite à la STTR, d’assister à cette rencontre, était restée lettre morte. Pourtant, sur le site de la STTR, il est dit que : « La Société de Transport de Trois-Rivières a pour mission d’offrir un service optimal de mobilité contribuant au développement et à la vitalité de la communauté trifluvienne » et que « [sa vision est d’être] un leader de la mobilité urbaine intégrée à Trois-Rivières ». Sachant que dans la pyramide de Maslow, se déplacer est un besoin de base, et, que le travail quant à lui peut répondre à celui d’appartenance, d’estime de soi, ainsi qu’à celui d’accomplissement, il convient de prendre acte de l’extrême importance du transport adapté dans la vie de ses utilisateurs.

À la suite des changements récents des trajets d’autobus, la STTR a vite corrigé le tir, afin de desservir à nouveau le centre d’achat Les Rivières, permettant ainsi à de bonnes gens d’un certain âge de pouvoir aller siroter leur café d’après-midi entre amis. J’ose espérer que, lorsqu’il s’agit de l’ensemble du transport adapté, la sensibilité de la STTR à sa clientèle est équivalente, voire supérieure. On voit moult tergiversations au conseil municipal de Trois-Rivières, peut-être est-il temps pour tout ce beau monde de se fédérer autour d’un projet rassembleur, pourquoi pas l’investissement dans un transport en commun digne du 21e siècle? Aux élus de la Ville et autres gestionnaires et administrateurs de la STTR: ne perdez donc pas de vue que dans tous vos savants calculs, ce sont les usagers qui doivent être au cœur de l’équation.

Hugo Robillard Auger

Directeur général, Ateliers de la Fondation des Traumatisés Crânio-Cérébraux MCQ