STTR: découragement plutôt que résignation

OPINIONS/ En réaction à l’article de Marie-Eve Lafontaine intitulé «La STTR rectifie le tir», publié dans notre édition du 31 octobre dernier.

Je lis dans votre article du 31 octobre portant sur la STTR que «la grogne semble diminuer par rapport au nouveau réseau», et ce, simplement parce que le nombre de participants à la réunion a diminué. Je crois que votre journaliste est vite passée aux conclusions. 

Si nous ne nous sommes pas rendus à cette réunion, ne serait-ce pas plutôt que nous étions lassés de gaspiller notre temps, notre argent et nos énergies pour aller se faire répéter la même cassette condescendante: «On vous écoute, on va faire des changements mineurs, ça ne se fera toutefois pas en un jour et, vous verrez, dans deux ans, vous allez aimer ce nouveau système»? Mon œil! Si le nouveau système n’est pas adapté à nos besoins maintenant, il ne le sera pas plus dans deux ans! 

Je parle régulièrement à d’autres usagers et ils sont en très grande majorité déçus et même écœurés du nouveau réseau et de la façon dont les responsables de la STTR les traitent. Si dans deux ans nous ne nous plaignons plus, comme ces messieurs le prévoient, ce ne sera pas parce que nous adorons le nouveau réseau, mais bien parce que nous nous serons résignés, sachant que personne ne nous écoute vraiment, et avec respect.

N’oubliez pas qu’il nous faut nous rendre à ces réunions «en autobus», le soir, souvent par temps froid et pluvieux, et, en ce qui me concerne, marcher quinze minutes pour me rendre à l’arrêt d’autobus le plus proche et revenir tard le soir, en marchant pendant ce même quinze minutes à la noirceur et en longeant un champ désert (sans aucune maison), soit le parc Isabeau. 

Il y a beaucoup d’usagers qui sont dans des situations similaires à la mienne et qui maudissent les conseils d’administration de la STTR et de la Ville de Trois-Rivières. Même quand nous étions près de 150 personnes aux réunions, après coup, beaucoup d’usagers m’ont dit ne pas s’y être rendus pour maintes raisons. Certains de ces usagers sont handicapés ou trop vieux pour de telles démarches. D’autres avaient l’impression qu’ils auraient perdu leur temps (qu’ils perdaient déjà pendant le jour pour se rendre au travail ou en classe en utilisant le nouveau réseau). Ils avaient sans doute raison, à voir les miettes que l’on nous a jetées mercredi.

Le nouveau système comporte de nombreuses failles majeures, n’est pas convivial et n’aurait jamais dû être implanté tel quel.


Carole Bouffard

Trois-Rivières