Sondage à 40 km/h… mais encore?

OPINIONS / La Ville de Trois-Rivières procède actuellement à un sondage postal dans certains quartiers afin de connaître l’intérêt des citoyens pour la mise en place de projets pilotes de réduction de la vitesse dans les rues de ces quartiers. Cette lettre, qui mentionne uniquement que les panneaux de vitesse pourraient passer de 50 à 40 km/h pour l’ensemble du quartier et qui laisse aux résidents deux semaines pour y répondre, est assez simpliste pour ce type de changement fort important.

Cette démarche aurait mérité qu’on y accorde une plus grande attention, ne serait-ce que par la mise en place de moyens pour mieux communiquer le sondage et expliquer ses tenants et aboutissants. Il est d’autant plus étonnant de constater le choix de cette approche considérant que cette administration nous a habitués, dans les derniers mois, à des communications beaucoup plus relevées et stimulantes depuis la mise en place de sa nouvelle direction. Leur présence sur les réseaux sociaux faisant d’ailleurs beaucoup réagir.

Car certes, il est bien de consulter les gens, mais encore faudrait-il leur transmettre un minimum de contenu afin qu’ils puissent prendre une décision en pleine connaissance de cause. Par exemple, il aurait été intéressant de connaître certaines données justifiant cette solution. Avons-nous enregistré des données sur la vitesse des véhicules? Quelles sont les rues touchées par les problématiques? Est-ce qu’il y a un réel problème de vitesse ou est-ce uniquement une question de perceptions? La ville a-t-elle reçu des plaintes et si oui, combien et étaient-elles fondées? A-t-on prévu des moyens pour sensibiliser les automobilistes qui, dois-je le rappeler, habitent ce même quartier et sont potentiellement ces mêmes personnes qui pourraient se plaindre de la vitesse?

Malgré les tensions et l’animosité entourant le débat sur Vision zéro qui s’est déroulé l’année dernière, il me semble que nous avions tout de même été en mesure de faire ressortir quelques points qui faisaient l’unanimité entre les gens qui étaient pour et ceux qui étaient contre. Le principal étant que la réduction de la vitesse, basée uniquement par le changement des panneaux, n’a strictement aucun effet. C’était d’ailleurs l’argument phare des conseillers porteurs du dossier à l’effet que leur démarche ne concernait pas uniquement la réduction de vitesse à 40 km/h. Alors pourquoi donc nous proposer une telle mesure? Pourquoi ne pas laisser les citoyens des quartiers s’organiser afin de concevoir une solution adaptée à la leur réalité?

Pensons aux projets de rues conviviales qui sont déjà en place dans d’autres municipalités comme Sainte-Julie et qui sont un succès pour réduire la vitesse. Une solution complète, impliquant les gens du milieu par un engagement social concret et qui va bien au-delà du simple et inutile panneau. Un véritable travail de sensibilisation, d’éducation et de participation citoyenne. Des initiatives qui allaient dans cette direction étaient sur le point de voir le jour dans notre quartier pour ainsi répondre aux préoccupations des gens et de leurs besoins. Pourquoi donc venir briser cet élan par la proposition d’une mesure qui est plus que questionnable?

Encourageons plutôt la participation des citoyens à une démarche ayant pour but de concocter leur quartier à leur image. Trouvons des projets porteurs et rassembleurs. Et sensibilisons les gens. Tout ça aura un bien meilleur impact.

Stéphane Guay

Trois-Rivières