SNC Lavalin-Trudeau et ABI-Legault: la même perspective

OPINIONS / En réaction à la lettre de François Champoux intitulée «Conflit d’intérêts apparent: la justice pour les ‘‘grands’’», publiée dans notre édition du 17 août dernier.

François Champoux, dans sa lettre d’opinion parue le 17 août dans ces pages, revient sur le litige concernant le «scandale SNC-Lavalin», en restant pudiquement discret sur les faits eux-mêmes mais en maniant sa rhétorique pour accabler le premier ministre Justin Trudeau, voire le vouer aux gémonies et le condamner, au moins verbalement. Ce faisant, il se fait le héraut des conservateurs, déjà bien favorisés dans l’Ouest canadien et dont le règne asséchant de Stephen Harper a laissé partout, et particulièrement au Québec, des ravages difficiles à réparer.

Si monsieur Champoux avait été premier ministre à la place de Justin Trudeau, qu’aurait-il fait, comment aurait-il assumé sa première responsabilité, celle d’assurer le bien-être et la prospérité de son pays? On devine bien ce que François Legault aurait fait, lui qui a eu la même réaction «raisonnable» devant le conflit interminable de l’ABI et ses effets sur les employés, leurs familles et l’économie régionale de Trois-Rivières.

Était-il incorrect, était-il criminel de la part de M. Trudeau d’interpeller sa ministre de la justice pour l’inciter à trouver une issue équilibrée au «scandale» de la firme d’ingénierie, par exemple l’accord de réparation qui, semble-t-il, est de pratique courante dans les pays civilisés, soucieux de justice certes, et d’équité envers les employés, leurs familles et leur région?

Les libéraux ne sont-ils pas intervenus partialement pour l’industrie automobile de l’Ontario, les conservateurs et les libéraux n’ont-ils pas agi vigoureusement, même paradoxalement, pour soutenir l’économie et les projets de l’Alberta?

Et n’était-il pas juste que le premier ministre veuille qu’on traite la grande firme québécoise de la façon la moins désastreuse, la plus «raisonnable»?

Enfin, qu’est-ce qui s’est passé dans l’esprit, dans le cœur de Mme Wilson-Raybould, qui semble s’être tout de suite, et violemment, enfermée dans son seul rôle de procureur général, s’instituant presque en juge, condamnant (d’une manière qu’il est difficile de ne pas trouver hypocrite) son premier ministre, la firme d’ingénierie, l’économie québécoise, sans procès et comme si elle voulait en découdre avec M. Trudeau?

Si, M. Champoux, on doit parler de conflit d’intérêts, auquel des deux faut-il l’attribuer?

Louis Laurencelle

Trois-Rivières