Simon Le Moyne mérite, selon l’auteur de ce texte, une place dans la toponymie et dans la mémoire collective du Québec. Ce jésuite, missionnaire chez les Hurons, aura été un ambassadeur de la paix chez les Iroquois. Il a laissé son nom à un collège de Syracuse, dans l’État de New York, et est décédé à Cap-de-la-Madeleine.
Simon Le Moyne mérite, selon l’auteur de ce texte, une place dans la toponymie et dans la mémoire collective du Québec. Ce jésuite, missionnaire chez les Hurons, aura été un ambassadeur de la paix chez les Iroquois. Il a laissé son nom à un collège de Syracuse, dans l’État de New York, et est décédé à Cap-de-la-Madeleine.

Simon Le Moyne au lieu de John A. MacDonald: une statue pour un illustre résident de Cap-de-la Madeleine

OPINIONS / Une place de Montréal honore un individu peu digne de mémoire. 

Le retrait de la statue de John A. Macdonald s’impose comme affirmation d’une culture ouverte à la diversité. Cet homme dont le racisme est connu n’a guère contribué à notre qualité de vie.

Faisons place à un homme de paix ami des Hurons et des Iroquois, le contraire de l’affameur des Autochtones et chasseur de Métis qui fit pendre Louis Riel.

C’est un éducateur courageux qui mérite notre souvenir. Il s’agit de Simon Le Moyne, un sauveur de la Nouvelle-France qui mit sa vie plus d’une fois en péril. Ce délégué des gouverneurs est tombé dans l’oubli. Il faudrait lui ériger une statue dans la ville qu’il a protégée de la menace qui pesait sur elle depuis sa fondation. Voici quelques raisons de l’honorer.

Il se fit des amis chez les Iroquois, tel Garakontié en 1654: ce protecteur des Français se comporta comme un disciple, devenant ambassadeur des Iroquois à Québec. En 1661, il sauva la vie de François Hertel et de nombreux autres Français.

Le Moyne risqua la sienne pour la sécurité des autres quand planait constamment le danger d’une invasion générale: en 1654 pour faire valider l’entente de 1653; en 1661, conformément au mandat du gouverneur, pour rallier les Goyoguins et les Onontagués.

Sur les traces d’Isaac Jogues dont il hérita le surnom en Iroquoisie, il mit sa vie en péril pour négocier des accords préludant à la Paix de Montréal conclue en 1701.

Par son attitude envers les Autochtones, Simon Le Moyne fut un précurseur des luttes actuelles pour l’égalité entre les peuples.

Le nom de cet humaniste bienfaisant ne figure dans la toponymie d’aucune ville québécoise, alors que des rues de Montréal et Gatineau sont affublées de rappels de tristes sires, tel le major George Scott, incendiaire de la Côte-du-Sud en 1759.

Honoré d’une statue en face du Collège Le Moyne à Syracuse dans l’État de New York, sur le site de l’ancienne capitale de la confédération des Cinq-Nations, il est grand temps qu’il le soit dans la métropole du Québec.

Sur la plaque rappelant le souvenir de «SIMON LE MOYNE – 1603-1665», on pourrait graver ces informations de base ou d’autres qu’on jugera pertinentes: «À partir de 1638, il visita les Hurons. Appelé Ouane, il apprit à connaître leur langue et leur culture, puis leur proposa la foi chrétienne. En 1654 et 1661-1662, délégué par les gouverneurs, il se rendit deux fois en ambassade chez les Goyoguins et les Onontagués. Il visita plus souvent les Agniers et les Onneiouts: entre 1655 et 1659, il alla quatre fois chez eux pour négocier des accords et des trêves.

Garakontié, son hôte, devint son ami dès 1654: chacun apprit la langue de l’autre. Simon, surnommé Ondessonk, négocia des traités de paix dans la langue de ses amis. Il obtint la libération de nombreux captifs canadiens et autochtones. Son hôte, orateur éloquent, suivit son exemple: il devint porte-parole de son peuple. Il fut baptisé par Mgr de Laval en 1670, cinq ans après la mort de Le Moyne au Cap-de-la-Madeleine.»

On ne présente ici qu’une ébauche fondée sur quelques faits documentés.

La rédaction du texte définitif serait confiée à des personnes autorisées du Conseil du Patrimoine de la Ville de Montréal et à la Commission des monuments historiques du Québec.

Achille Joyal

Gatineau