Si on laissait le droit à la vie de reprendre son cours...

OPINIONS / Lundi, le gouvernement annonçait une autre mesure dans ces temps de crise: la fermeture de plusieurs types de commerces les dimanches d’avril.

Depuis, les réseaux sociaux s’enflamment sur le sujet: pour ou contre, tout y passe, certains débats ont même lieu, parfois fort intéressants. Mais en y regardant de plus près, on y voit aussi poindre l’angoisse et l’incertitude, voire des choix personnels face à l’avenir.

Car il faut bien admettre qu’il y aura une vie après la COVID-19. Certains auront été marqués plus que d’autres. Mais il y aura une vie après le coronavirus. Est-ce que tout reviendra comme avant? Est-ce que la crise économique à venir sera aussi catastrophique que plusieurs l’annoncent? Est-ce que le monde sera à ce point transformé qu’on ne le reconnaîtra plus? Bien malin celui qui peut y répondre aujourd’hui.

Est-ce que les valeurs des gens vont avoir changer au point de transformer radicalement la vie que nous connaissions avant la COVID-19? Est-ce que les habitudes des gens vont avoir changé de façon permanente? Est-ce que la façon d’envisager nos vies va avoir changé au point de nécessiter des changements aux heures d’ouvertures des commerces tel que certains l’envisagent déjà?

N’est-il pas trop tôt pour réagir face à de telles choses?

Certains avancent qu’on est trop assujetti à ce rythme de vie effréné que nous menons et qu’on ne prend pas le temps de vivre, peut-être. Certains réfléchissent, ayant beaucoup de temps pour le faire, à comment ils veulent que leur demain soit fait, mais devons-nous pour autant modifier le demain de tous basé sur nos cheminements actuels?

Mais est-ce que de déjà élaborer sur ce que sera l’après-COVID, de tergiverser sur la crise économique possiblement à venir, etc. ne ferait pas qu’alimenter un peu plus ce rythme de vie et l’angoisse collective face à toutes ces conjectures incertaines de l’avenir? Parce qu’à ce moment-ci, tout n’est qu’hypothèses et conjectures, personne ne sait de quoi demain sera fait.

Si en lieu et place, on gardait les yeux bien ouverts afin de ne pas se voiler la face devant ce qui nous attends mais que d’un même souffle nous laissions le droit à la vie de reprendre son cours. Si on se laissait le temps. Si nous donnions la chance à nos vies, le temps de se remettre sur ses pieds.

Si au lieu de déjà essayer de transformer notre monde d’hier, on laissait le temps à la vie de renaître avant de vouloir la modeler immédiatement face à nos peurs présentes. Si on se donnait le temps de vivre et de décider de quoi et comment nous voulons que notre vie soit faite après la COVID-19. La vie a le droit d’exister et de vivre à nouveau et ce même si elle devait être presque identique ou profondément transformée!

Jean Blanchette

Trois-Rivières