Si ça ne change pas, nous resterons des attardés

OPINIONS / Lettre adressée au premier ministre du Québec, François Legault, et au ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge.

Messieurs,

Dans la foulée des dénonciations d’agressions sexuelles qui beurrent allègrement les réseaux sociaux, je vous envoie ce statut, déjà publié, mais que je résume pour vous aujourd’hui. Clairement. Je vous demande de revoir rapidement votre programme d’éducation sexuelle dans les écoles du Québec.

Car ce n’est pas avec cinq heures d’éducation sexuelle par année à l’élémentaire et quinze heures au secondaire qu’on va apprendre beaucoup de choses sur le pénis et le vagin. Et sur le cerveau des hommes qui commande le pénis. Et sur celui des femmes qui commande leur vagin. Sur le sexe solo. La sodo. En duo. À plus! Sur la porno. Sur la baise. Sur «le faire l’amour». Sur le nombre normal et physique d’érections hebdomadaires des hommes. Sur le consentement. Et sur le NON quand c’est NON. Sur les genres. Et l’ouverture des genres. Sur le mordage. Le grainage. Le forçage de fellation et d’éjaculation faciale non désirée! Sur la fessée pour agresser.

Sur le cul, le feu de la chair! Sur l’ABC de la vie sexuelle: l’Argent, la Boisson et le Cul. Sur le point G. Et l’autre point G plus pernicieux; la Gloire! Comme ce mélange explosif qui a sauté récemment dans la face angélique de l’humoriste Julien Lacroix avec son charismatique talent. Quel gâchis! Il y en a eu d’autres. Et il y en aura encore.

Vous excuserez mon propos un peu cru. Mais nous avons laissé le web nous éduquer parce que nous ne le faisions pas! Et le web, il est là pour rester. Et les sites de cul sont les plus fréquentés. Vous le savez! Et ça va rester là.

Peu importe.

Ce n’est pas avec les courtes et ridicules périodes d’enseignement sur la sexualité au secondaire que nous allons évoluer. Il ne doit pas rester beaucoup de temps, pour parler je suppose, du plaisir du cunnilingus et de l’extase d’une fellation quand elle n’est pas forcée. Des différences entre les pénis-pornos et les pénis normaux! Entre une poupée Barbie et une femme avec une taille et des seins normaux. Entre une baise consentie et une baise pas consentie avec une femme ou un homme. Et l’amour, le fruit de tout ça.

Quinze heures par année, messieurs!

On peut bien bâtir des innocents comme Julien! Alex. Kevin. Bernard.

Yan. Pierre, Jean, Jacques... et mon défunt parrain oncle Midas. Vieux taponneux!

Oui. Il est grand temps que l’éducation sexuelle soit considérée à l’école comme une matière première. Après tout. Nous sortons tous d’un vagin. Ou du ventre d’une femme. Il y a matière à réfléchir pour une couple d’heures juste là-dessus! Le sexe. Le sexe, oui. La matière première qui fait que nous sommes en vie! Après tout. Nous apprenons bien à écrire. Nous apprenons bien à compter. Et nous n’apprenons même pas à bien se toucher. À bien se concevoir. Se comporter. Baiser et se respecter.

Nous n’apprenons pas les règles et les valeurs fondamentales des plaisirs sexuels, des jeux sensuels et érotiques chez l’homme et la femme.

Messieurs, il est où le problème vous pensez?

Les gars. Nous avons manqué d’éducation. Tous. Pas juste ma génération. Les vôtres. Les autres avant. Les suivantes. Et celle des milléniaux aussi. Et nous. La plupart des parents. Les hommes surtout, qui laissent aux femmes le soin d’enseigner quelques notions de base de la sexualité avec toute la réserve qu’elles s’imposent! «Va voir ta mère. Elle va t’expliquer ça!». Nous avons échoué.

Messieurs, écoutons-les ces jours-ci.

Des filles en ont plein le cul. Et avec raison! Il y a de nombreux arriérés sexuels parmi nous. Et des dangereux aussi.

Et même des beaux blonds populaires avec un talent gros comme ça.

Comment voulez-vous que nous construisions des hommes équilibrés sexuellement?

Monsieur Legault, Monsieur Roberge, il faut bouger! Les hommes tombent. Des jeunes hommes sont en détresse. Et les femmes ont raison de les dénoncer. Si ça ne change pas, nous resterons des attardés. Et nous demeurerons des générations de cul pas éduquées! Pas civilisées.

Et trop de gars mal élevés continueront à blesser dangereusement les femmes. À alimenter la culture du viol. Et le pire, à tripoter sauvagement leur dignité!

À les forcer.

À la limite, à tuer.

Merci de faire vite!

Daniel O. Brouillette
Auteur
Saint-Narcisse