L’auteur de cette lettre offre plusieurs suggestions pour aider les restaurateurs qui ont dû fermer leurs portes à cause de la pandémie.
L’auteur de cette lettre offre plusieurs suggestions pour aider les restaurateurs qui ont dû fermer leurs portes à cause de la pandémie.

Sauvons nos cafés, nos restos, nos bars!

OPINION / À l’heure où l’on réfléchit à la relance dans notre ville, l’un des secteurs les plus touchés par la crise actuelle est celui des cafés, des restos et des bars. Ils ont été les premiers à fermer, ils seront les derniers à ouvrir. Ces petites et moyennes entreprises sont créatrices d’emplois et jouent un rôle important de lieux de rencontres, d’échange et de liens sociaux dans les quatre coins de la ville.

Nous ne devons pas attendre que les choses tombent du ciel. À chaque semaine qui passe, ce sont les liquidités de ces entreprises qui s’envolent. Le jour où il n’y a plus d’argent pour payer les comptes, c’est la faillite et le chômage pour les employés. N’ayons pas peur de sortir des sentiers battus et agissons rapidement!

Mais que peut-on faire ?

Quelle est la compétence d’un resto ou d’un café? Produire, sous forme de plats, de la nourriture. En s’inspirant de la campagne déjà réalisée, pourquoi ne pas subventionner Moisson Mauricie pour que ces derniers achètent des plats de restaurateurs pour donner à des personnes qui n’ont rien ou peu à manger? Innovation et développement économique (IDE) Trois-Rivières pourrait investir (avec la ville) 300 000 $ par mois dans ce projet pour les trois prochains mois. Vous allez me dire que c’est beaucoup d’argent.

Réfléchissons deux minutes: pour chaque restaurant qui ferme, la Ville risque de ne pas pouvoir se faire payer ses taxes… sans parler des pertes d’emplois. De plus, l’on répondrait à un besoin d’insécurité alimentaire que l’on ne peut ignorer.

Une autre idée serait de réussir à convaincre les grandes surfaces alimentaires de vendre des plats préparés par les restaurateurs. Puisque ces grandes surfaces sortent gagnantes financièrement de cette crise, elles pourraient, en geste de solidarité, ne pas prendre le pourcentage qu’elles prennent normalement lorsqu’elles acceptent un produit sur leurs tablettes.

À moyen terme, pourquoi ne pas convaincre le gouvernement du Québec d’aller de l’avant avec un projet qui consisterait à offrir la cantine gratuite à tous les enfants des écoles primaires? Notre région pourrait servir de projet pilote. On mettrait ainsi à contribution les différents restaurants de la ville et on s’assure que nos enfants ne vont pas étudier le ventre vide. Les cafés et restos pourraient contribuer en diminuant un peu leur marge de profit sur les plats et en utilisant, bien entendu, des plats pour emporter recyclables.

En ce qui concerne les bars, plusieurs ont des cuisines et tout ce qui a été évoqué pour les cafés et restos pourrait leur être accessible.

Et pourquoi ne pas leur donner, exceptionnellement, droit à une partie significative de l’espace public pour leur permettre d’y installer des tables et chaises, suffisamment à distance, pour faciliter le fait d’aller prendre en verre avec des amis en toute sécurité? Heureusement, un projet pilote en ce sens semble en voie d’être mis en branle.

Pour cheminer vers un retour à une certaine normalité, une animation de rue, et pas seulement dans le centre-ville, serait intéressante pour amener les Trifluviens et les Trifluviennes à fréquenter, en toute sécurité, ces endroits.

Il serait pensable de demander au gouvernement une permission spéciale pour vendre de la boisson aux verres (recyclables!) pour emporter. Cela supposerait aussi que la Ville soit tolérante sur son règlement interdisant de boire dans les espaces publics.

Un des gestes les plus faciles à poser pour tous ces commerces, et pour bien d’autres, est de doter notre ville d’une plateforme de transaction du style «J’achète Trois-Rivières» avec un système de livraison.

Ne soyons pas frileux, soyons créatifs. Développons des projets qui feront le lien entre des préoccupations environnementales, sociales et économiques. Si nous ne réussissons pas à joindre ces trois préoccupations dans nos projets de relance, si nous ne sommes pas capables d’être créatifs dans des nouvelles façons de faire, cette crise aura seulement été une occasion manquée.

Jean-François Aubin

Trois-Rivières