Justin Trudeau
Justin Trudeau

Sauvé par la cloche...

OPINIONS / Avant que la pandémie nous frappe brutalement, Justin Trudeau était en très sérieuse difficulté à la tête du gouvernement minoritaire libéral. Sa perte de crédibilité sur la scène mondiale, jumelée à sa propension à tout faire pour éviter de déplaire à son excellence Donald Trump ont contribué, entre autres, à la détérioration de nos relations avec la Chine qui ne manque pas de nous le faire regretter. Rappelez-vous les avions supposément remplis d’aide médicale... Donc sur l’échiquier mondial, le Canada est en perte d’influence.

Or, voilà que sa belle image se replace et que la satisfaction envers François Legault s’étiole quelque peu. Incroyable. Je peux comprendre que l’éclosion de milliards de dollars de subvention, éclosion qu’il alimente quotidiennement, est politiquement plus rentable qu’annoncer des décès et encore des décès.

Mais, mis à part son «garrochage» d’argent, que fait monsieur Trudeau depuis le début de la crise qu’il traverse en isolement volontaire. Et qu’il ne vienne pas nous dire que sa retraite fermée était un moyen de donner l’exemple. Suffit de se rappeler, que la veille de Pâques, il exhortait solennellement ses compatriotes à rester chez eux et que sitôt les caméras éteintes, sa limousine le sortait de son bureau improvisé pour le déposer à sa maison d’été. Comble de l’insouciance, fidèle à ses habitudes, il publiait des photos qui attestaient sa violation des règles établies par Santé Canada.

Je reviens à la question, qu’a-t-il fait pour minimiser les dégâts? Rien. D’abord, par sa mollesse inexplicable, il aura donné à la COVID-19 toutes les chances de bien s’implanter au Québec. Son retard, calqué sur Donald Trump, à fermer les frontières et le célèbre chemin Roxham ainsi que son refus d’exiger une quarantaine obligatoire sont à l’origine de la propagation spectaculaire du virus. Tous les pays, dont le Canada, qui ont tardé à prendre les robustes décisions pour le contrer, en paient aujourd’hui le prix.

Les subventions maintenant. Bien sûr, il faut aider les gens à passer au travers. Mais certaines d’entre elles court-circuitent radicalement l’incitation au travail. Déplorable, voilà le mot que plusieurs utilisent pour qualifier cette générosité électoraliste flagrante. Dites-vous bien que très bientôt, l’austérité reviendra nous hanter.

En terminant, je m’interroge toujours sur l’incapacité de Justin Trudeau à s’adresser au peuple canadien autrement qu’en lisant laborieusement, sur un ton monocorde un texte préparé pour lui et qui contient beaucoup trop de passages insignifiants. Il pousse même l’arrogance à ne répondre qu’aux questions qui font son affaire.

Somme toute, comme un boxeur au plancher sauvé du KO par la cloche, Justin Trudeau doit sa survie au coronavirus et à l’effroyable tragédie de la Nouvelle-Écosse. Grâce à sa formation théâtrale et à sa surutilisation de pathos, il peut poursuivre en essayant de tirer toutes les larmes du monde et déployant son extrême empathie pour tout ce qui bouge au pays. Mais un jour, il devra rendre des comptes et répondre de son leadership ce que l’absence de séances parlementaires lui permet d’éviter pour l’instant. Dans l’attente de ce jugement du peuple, souhaitons que François Legault persévère, malgré toutes les embûches parce que nous devons tous et toutes avoir le sentiment que bientôt «ça va bien aller».

Jean-Paul Couture

Trois-Rivières