Santé mentale: ayons une vision d’ensemble

OPINION / En réaction à l’article de Marie-Eve Lafontaine intitulé «Hausse de 25 % en cinq ans des interventions policières en santé mentale», publié dans notre édition du mardi 19 février.

Vingt-cinq ans comme ressource de type familial pour adultes en santé mentale. Avant moi, ma mère a ouvert son cœur et sa maison pour la désinstitutionnalisation. Dans le temps, on appelait ça «famille d’accueil», «prérequis», «agir en bon père de famille». À 27 ans, reprendre le flambeau était tout un défi; je trouvais les souliers de ma mère un peu trop grands.

Aujourd’hui je ne regrette rien. J’ai eu la chance d’accompagner 57 personnes dans leur cheminement jusqu’à présent et avec ma conjointe, on y a fait grandir notre famille avec deux belles filles, qui ont appris à respecter avec compassion ceux dans le besoin.

J’ai vu de belles ressources fermer leurs portes dernièrement, faute de pouvoir passer la main. Statistiques et budgets obligent, on ferme des places et on sort ceux qui sont capables de brasser de la soupe vers des appartements supervisés. Manque d’encadrement, solitude et santé mentale ne vont pas très bien ensemble.

Les RTF et RI (ressources intermédiaires) ne sont certes pas la solution ultime, mais je crois qu’ils ont leur place, dans un réseau offrant un large éventail de services pour diminuer les récidives de psychoses, vaut mieux prévenir que guérir.

En lisant l’article du Nouvelliste du 19 février, je ne peux m’empêcher de croire que fractionner les budgets n’est pas une solution pour économiser. Les besoins sont là; si on coupe dans un budget c’est un autre qui écope.

Ayons une vision d’ensemble pour bien coordonner les services et ainsi relever ce défi complexe.

Claude Lamy

Trois-Rivières