Rien de neuf à la STTR

Le Conseil de Ville a tranché après un débat qualifié de musclé par le maire lui-même. Un membre de la société civile agira bientôt à la présidence de la Société de transport de Trois-Rivières (STTR). L’agitation médiatique créée par le départ forcé du directeur général de la STTR aura donc coûté la présidence au conseiller municipal Luc Tremblay, quelques mois après avoir entamé un second mandat. L’instabilité ronge la STTR. Que retenir de cette chronique de la saine gouvernance? Une double confusion.

D’abord, on nous annonce que le Conseil d’administration de la STTR sera indépendant. C’est déjà un aveu de l’ingérence politique récente. Le Conseil d’administration de la Société de transport n’est pas un comité d’étude ou une simple commission consultative. Sa création relève d’une loi provinciale qui lui permet de prendre ses décisions. Et l’importance de son budget n’est pas un fait nouveau qui permet à un conseil parallèle d’opérer dans le bureau du maire.

Ensuite le mode de décision. Les administrateurs de la STTR n’ont pas saisi la manière de conduire une négociation avec la direction. Certains membres du Conseil d’administration de la STTR ont bafoué la confidentialité de la négociation de départ. Le maire comme le président de la STTR ont été forcé de réagir publiquement. Sortie au grand jour, l’affaire se transforme en humiliation pour l’ex-directeur général. Le montant d’indemnité en jeu et le bilan du gestionnaire ne changent rien au principe.

Penser que l’indépendance de la STTR sera trouvée par la nomination d’un président issu de la société civile est une vue de l’esprit.

Après les ratées du nouveau réseau, je m’inquiète des opérations d’une société de transport qui cherche maladroitement à se protéger d’une gouvernance mal comprise. Et les usagers dans tout cela?

Laurent Montpetit

Trois-Rivières