Trois-Rivières compte sur une université que fréquentent plus de 14 000 étudiants et étudiantes, un cégep public qui compte tout près de 4000 élèves, un collège privé, le Laflèche (notre photo), une commission scolaire et quelques écoles privées spécialisées qui offrent de nombreux programmes de formation professionnelle. Si on additionne les étudiants et le personnel de ces établissements, on constate que le milieu de l’éducation supérieure représente facilement plus de 15 % de la population de Trois-Rivières.

Rêvons Trois-Rivières, ville étudiante

Pouvons-nous considérer Trois-Rivières comme une ville par excellence pour des étudiants qui ont à choisir un lieu d’études? Certains éléments pourraient aller dans ce sens. Mais il y a encore bien du chemin à faire. Et ça tombe bien: relever des défis, à Trois-Rivières, on aime ça. Quand on prend la peine de travailler ensemble – élus, organismes, citoyens –, alors on peut soulever des montagnes. Reste à souhaiter qu’on le fasse de plus en plus.

Lorsque j’ai lu dans l’édition du Nouvelliste du 9 mars dernier, un article sur la potentielle fermeture de cinq programmes au Cégep de Trois-Rivières, j’en fus désolé, comme vous tous sûrement. Car bien au-delà de la décision que prendra ou non le conseil d’administration du Cégep, j’en suis venu à me questionner sur l’impact de ces fermetures sur notre ville et notre région.

Bien sûr, ce sont des étudiants de moins qui pourraient venir découvrir, vivre et s’épanouir à Trois-Rivières. Par conséquent, ce sont également des professeurs de moins qui vont y travailler et y vivre avec leur famille. Mais ce sont aussi des entreprises de chez nous qui auront encore plus de difficultés pour trouver une main-d’œuvre qualifiée, formée. Bref, l’impact est grand.

Il est vrai que jusqu’à maintenant les institutions d’enseignement offrent une carte intéressante de choix de formation. Mais les difficultés de recrutement et les règles de financement menacent cet acquis. Avons-nous des possibilités à explorer afin de travailler encore plus sur l’attraction? Je pense que oui. Nous pourrions, par exemple, appuyer sur le fait que le coût de la vie est bas à Trois-Rivières en comparaison avec d’autres villes et que la qualité de vie y est exceptionnelle. C’est un plus pour les étudiants. Sherbrooke à titre d’exemple, met beaucoup de l’avant la qualité de vie étudiante que son campus universitaire procure.

Notre ville compte sur une université avec plus de 14 000 étudiants et étudiantes, un cégep public qui a tout près de 4000 élèves, un collège privé, le Laflèche, qui a fait sa marque dans l’histoire de notre ville, une commission scolaire et quelques écoles privées spécialisées qui offrent de nombreux programmes de formation professionnelle. Additionnez les étudiants et le personnel de ces établissements et cela représente plus de 15 % de la population de Trois-Rivières. Non, ils n’habitent pas tous dans notre ville mais le potentiel est là, c’est une richesse incroyable à conserver et à développer.

Cependant, il y a encore bien du chemin à faire. Rêvons un peu plus. Par exemple: davantage d’entreprises pourraient offrir différentes bourses pour les étudiants qui viennent à Trois-Rivières. Tous les milieux pourraient revoir leurs pratiques et y instaurer un espace plus grand pour des stages en milieu de travail. À ce chapitre, la Ville comme employeur pourrait aussi donner l’exemple. La ville pourrait également mettre sur pieds ou participer à des campagnes de promotion de Trois-Rivières comme ville étudiante, une ville TR-ès étudiante! Bref, plusieurs pistes d’actions intéressantes s’offrent à nous.

Plusieurs organisations pourraient joindre leurs forces pour offrir une trousse de bienvenue aux nouveaux étudiants avec différents rabais. Et pourquoi pas avoir «une place des étudiants»?

On comprendra que ce ne sont que quelques idées qui demanderaient à être retravaillées. Nous pouvons trouver encore mieux. L’important derrière tout cela, c’est que nous avons une richesse à Trois-Rivières par ce potentiel d’être de plus en plus une destination de choix pour venir faire des études. Pour y arriver, cela demande une prise de conscience et des gestes posés dans ce sens, par les acteurs de tous les milieux, politique, éducatif, économique, social, etc.

Bien sûr, on peut toujours la jouer en solo et se dire que cela ne regarde que les institutions d’enseignement, mais la force d’une communauté, c’est sa capacité à collaborer et à se sentir concernée par différents dossiers. J’ai la chance, par mon métier de professeur, de côtoyer des étudiants et étudiantes de niveau collégial tous les jours et je peux sans hésiter affirmer que leur présence est un plus pour notre ville.

Travaillons tous ensemble et faisons de Trois-Rivières le choix par excellence pour venir étudier! Allez, rêvons un peu et surtout, agissons!

Jean-François Aubin, citoyen

Trois-Rivières