Rentrée aux cégeps: inquiétudes et incertitudes pour les professionnels

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Le Nouvelliste
OPINIONS / L’auteure, Line Lamarre, est présidente du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec.

À quelques jours de la rentrée, le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) s’inquiète pour ses quelque 900 professionnelles et des professionnels travaillant dans les cégeps du Québec. Le SPGQ s’attend à ce que la ministre Danielle McCann réponde aux questions de ses membres afin d’apaiser leurs appréhensions.

Malgré une stratégie pour assurer la sécurité des étudiants et du personnel, le SPGQ se questionne sur les actions qui seront posées par la ministre de l’Enseignement supérieur afin que les personnes professionnelles des collèges puissent favoriser l’apprentissage et offrir un soutien adéquat visant la réussite des étudiants.

Le personnel professionnel des collèges apporte un soutien complémentaire et indispensable au travail du corps enseignant. Si la session à venir s’effectue entièrement en ligne advenant une deuxième vague pandémique, comment un aide pédagogique individuel, une conseillère à la vie étudiante, d’orientation, en adaptation scolaire ou autres pourront-ils offrir des services optimaux à des étudiants composant avec des difficultés d’apprentissage, en raison d’un trouble du déficit de l’attention, de dyslexie ou autre? Comment feront-ils pour soutenir celles et ceux vivant dans des milieux où l’accès à l’internet est déficient ou qui ne possèdent pas d’ordinateur?

Le SPGQ observe que le télétravail se déroule avec succès pour une majorité de ses membres travaillant dans les ministères et organismes gouvernementaux québécois. Les personnes professionnelles des collèges ont hâte d’offrir les services en présentiel, mais pas au détriment de la santé et la sécurité de tous. Les personnes professionnelles travaillant dans les collèges du Québec s’ingénient avec brio, depuis le début de la pandémie, à offrir des services propices à l’épanouissement de chacun des étudiants. Toutefois, la complexification de la tâche depuis l’urgence sanitaire a fait exploser le nombre d’heures de travail pour certaines personnes professionnelles, ce qui alourdit leur tâche.

Avant la pandémie, nos membres des collèges observaient déjà un fossé numérique et technologique pour certains étudiants, soit en raison d’un milieu défavorisé ou éloigné des grands centres. Avec la pandémie et la possibilité d’une deuxième vague, cette grave inégalité risque-t-elle de diminuer davantage les chances de réussite d’étudiants au parcours plus chaotique? Offrir une session en enseignement hybride n’est pas une mince affaire. Quelles sont les mesures prévues pour soutenir les enseignants, les étudiants et les professionnels, lesquels sont au cœur du fonctionnement des collèges? Nous attendons avec impatience les réponses de la ministre McCann alors que la rentrée est déjà à nos portes. La pandémie ne doit pas devenir un prétexte à l’échec des étudiants et nos membres sont impatients de contribuer à leur succès.

Les quelque 900 professionnelles et professionnels de l’enseignement supérieur accrédités au SPGQ sont répartis dans 16 collèges ou cégeps à travers le Québec: Abitibi-Témiscamingue, Alma, André-Laurendeau, Bois-de-Boulogne, Chicoutimi, Gaspésie et des Îles, Jonquière, Lanaudière, Lévis, Montmorency, Thetford, Rosemont/Cégep à distance, Sainte-Foy, Saint-Hyacinthe, Saint-Laurent et Trois-Rivières.