Religions: trois failles inadmissibles

OPINIONS / À l’heure où les grandes religions mondiales traversent une crise plus aiguë que jamais, il convient sûrement d’examiner comment se démarquent ceux qui sont pour l’évolution et ceux qui lui résistent. Car ne nous leurrons pas, l’humanité d’un individu ne se mesure pas à l’aune de sa religion, mais à la qualité de sa conscience. Tout au long de l’histoire, les grands instructeurs ont vu leurs enseignements subir de nombreuses transgressions. Avec des fondements aussi simples que la sagesse, l’amour, l’innocuité et le partage, le processus évolutif aurait dû tendre vers l’amélioration des formes et de la vie. Il n’en est rien.

La négation de la Double Origine

Les grandes religions monothéistes se sont toujours appuyées sur la proclamation de l’existence d’un Dieu à polarité masculine. Contrairement à la période védique indienne qui reconnaissait l’existence d’une double polarité dans la genèse de l’Univers, juifs, chrétiens et musulmans n’ont eu de cesse de se référer à cette énergie monovalente. Peu importe le nom donné au Suprême, on L’a toujours identifié en fonction de sa polarité masculine en oubliant que s’il y avait un «Theos Père», il y avait en lui une contrepartie féminine indéniable. Or, n’est-ce pas l’origine dite passive qui a donné naissance à tous les Seigneurs? En niant la double origine, les hommes, au vu et au su de leurs textes supposés sacrés, ont tôt fait d’imposer à la femme la soumission à travers le mariage et autres codes sociaux. Ainsi privées de leurs droits fondamentaux, les femmes n’avaient d’autre choix que de se soumettre aux diktats imposés par leurs dirigeants.

La négation de la Loi des Cycles

Deuxième faille majeure: la négation de la loi des cycles. Le christianisme pur s’arrête-t-il à Origène? On est en droit de se poser la question, attendu que les premiers «Pères» de la chrétienté étaient conscients de la loi des cycles. Malheureusement cette suppression de l’un des fondements majeurs de l’évolution s’est faite sous le règne de l’empereur Justinien. Les conséquences de cette négation furent très funestes pour l’Occident, car elles déresponsabilisaient des milliards d’âmes en incarnation à l’égard de leur direction spirituelle. Bien entendu, cette négation renforçait le pouvoir de l’Église. Mais comment les docteurs de l’Église pouvaient-ils ignorer que l’esprit ne peut atteindre la perfection en une seule incarnation?

Le rejet de la tolérance

Troisième faille: l’intolérance. Les guerres de religion en constituent la plus pure illustration. Comment le christianisme peut-il justifier l’assassinat de la philosophe Hypatie, la condamnation de Jeanne d’Arc, l’extermination des Cathares, l’Inquisition, les massacres de la Saint-Barthélemy, les pressions sur Galilée et toutes les exactions commises? Par un retournement de l’histoire, les chrétiens persécutés sous l’Empire romain sont devenus à leur tour des persécuteurs. Laissée dans le corset d’une pensée inculte, une religion peut devenir hypocrite et cruelle. Dans la lutte contre les cristallisations religieuses, il est impératif que les textes sacrés soient relus en fonction d’une approche cosmogonique illimitée, car le plan imparti à chaque Terrien comporte une obligation de construire la vie entière. Une fois cette discipline éthique installée et perceptible, les marches de l’illumination se profilent devant lui. La lumière de la connaissance doit remplacer l’obscurité du conventionnalisme et l’uniformité de pensée.

L’appel à l’unité

En définitive, est-il nécessaire de rappeler aux uns et aux autres qu’avant d’être les fidèles d’une religion quelconque, les hommes sont d’abord les serviteurs de la Terre et de leurs semblables? Le sentier de la vie est un sentier d’entraide sur lequel les participants à la restauration de la beauté planétaire ne peuvent être des misanthropes. Toutes les religions naissent et meurent en fonction de la loi des cycles. Que les plus pressés de les voir s’ennoblir se rassurent: aucune d’elles ne traversera l’Ère du Verseau avec ses chiffons maculés, ses prescriptions éculées et ses transgressions aux fondements. Dans le processus évolutif, seule la montée de la conscience, avec sa liberté de choix, peut entrer en considération.

René Le Brodeur

Shawinigan