Religion et libre arbitre

OPINIONS / La religion est en soi une association de fabulateurs. Elle ne peut prouver sciemment rien de ce qu’elle avance et la seule façon d’y adhérer est la crédulité. Elle vend de l’espoir: le paradis. Elle vend de la peur: l’enfer. Pour être certaine de ferrer le poisson, la religion a introduit, dans ses croyances, la notion de «libre arbitre» qui ferait de l’humain le responsable incontesté de ses actions, tant physiquement que moralement.

Le libre arbitre est en réalité la liberté de la volonté! Saint Augustin, un Père de l’Église naissante, a un entretien avec un compagnon qui lui fait la remarque que Dieu étant le créateur des humains, alors Dieu a la responsabilité du mal dans le monde! Réplique d’Augustin: «Dieu a conféré à sa créature, avec le Libre Arbitre, la capacité de mal agir, et par là même, la responsabilité du péché». «Mais, réplique le compagnon, si le libre arbitre a pour effet de nous exposer au péché, Dieu ne passe-t-il pas aussi pour l’auteur de nos mauvaises actions?» La réponse d’Augustin: «La volonté libre, sans laquelle personne ne peut bien vivre, est un don de Dieu et il faut condamner ceux qui mésusent de ce bien plutôt que de dire de celui qui l’a donné qu’il n’aurait pas dû le donner.»

Et voilà, en deux temps trois mouvements sont mis en place le Purgatoire et l’Enfer.

Vous demandez à quelqu’un s’il a le libre arbitre. La réponse est généralement: «Oui, je fais ce que je veux! Si je veux aller à gauche, je vais à gauche et si je veux aller à droite, je vais à droite. Je suis libre de faire ce que je veux.» D’accord, tu fais ce que tu veux, mais ce que tu veux, qu’est-ce qui te fait le vouloir? «Mais c’est ma volonté qui me fait le vouloir.» Et ta volonté, qu’est-ce qui l’a fait le vouloir? On peut ainsi tourner en rond durant des siècles. Pour agir librement, il faut que ce soit bien soi qui est la source ultime de notre action, de telle sorte que celle-ci ne trouve pas sa source dans des causes qui nous sont extérieures. Le problème est que pour ce faire, il faudrait arriver «tout fait» dans le monde et n’avoir subi aucune influence de ce monde, et continuer à n’en pas subir! Il faudrait être sans hérédité, sans famille, sans instruction, sans parenté, sans amis,en d’autres mots, «il faudrait se tirer par les cheveux du néant et apparaître tout fait en ce monde.» (Nietzsche.)

La réalité est que nous sommes ce que les autres ont fait de nous. «Nous ne pouvons être véritablement moralement responsables de ce que nous sommes, et donc nous ne pouvons pas être vraiment responsables de ce que nous faisons. (Galen Strawson, Florian Cova). «Nul n’est méchant volontairement» (Platon).

Chers religieux, auriez-vous l’obligeance de redresser la situation?

Maurice Milot

Trois-Rivières