Religieuses actives et religieuses cloîtrées

OPINIONS / Ayant été religieuse dans un «ordre actif», les Petites Sœurs des Pauvres, et ensuite cloîtrée, chez les Carmélites, je ne peux faire autrement que de réagir en lisant l’article de madame Isabelle Légaré intitulé «Cloîtrées et confinées».

En réaction à la chronique d’Isabelle Légaré intitulée «Cloîtrées et confinées, du 26 avril dernier.

Les religieuses des ordres actifs ont été des femmes d’avant-garde dans le domaine de l’éducation et nous leur devons beaucoup pour le travail généreux et exceptionnel qu’elles ont réalisé dans les écoles, les hôpitaux et aussi auprès des plus démunis de la société. Je suis contente d’avoir ici l’occasion de souligner le travail de Sœur Auréa Tessier, bien connue en Mauricie, et ancienne supérieure générale des Ursulines avec laquelle, dans les années 1980, j’ai travaillé pour la cause de l’égalité de la femme et de l’homme dans l’Église.

Elle m’avait parlé de la difficulté pour les religieuses d’obtenir des changements souhaités et comment ces femmes devaient se battre avec les autorités ecclésiastiques, plus spécialement celles du Vatican, pour obtenir les changements souhaités. D’ailleurs, Sœur Auréa avait fondé Le Tremplin, un endroit où elles recevaient les femmes battues et celles vivant des difficultés, en instances de divorce ou divorcées. Ces religieuses leur apportaient l’aide et le soutien dont elles avaient besoin. Alors que l’Église du temps refusait la communion aux divorcés, au Tremplin, un prêtre était complice de ces femmes et ignorait les directives de Rome et du diocèse. Oui! Il y a eu des prêtres qui avaient du cœur.

Mme Légaré nous présente les religieuses cloîtrées qui sont soi-disant «libres de l’intérieur, bien heureuses et bienheureuses». Ces religieuses affirment: «On reste sur la propriété. On ne va pas à l’extérieur comme ça, en ville par exemple. Les gens ne viennent pas non plus comme ils le veulent dans le monastère, sans que la prieure ne soit au courant». L’une d’elles donne l’exemple de «l’appel à la vocation», le comparant à celui de deux amoureux qui se rencontrent. Connaissant les deux, je trouve cette comparaison loufoque.

Contrairement à la liberté, la vie des cloîtrées, c’est une vie structurée avec un horaire et des règlements précis. C’est lorsque j’ai pris moi-même conscience que j’étais une victime endoctrinée et en me remettant en question, que j’ai pris la décision de quitter le cloître à l’âge de 32 ans. À mon départ, Sœur Imelda, une carmélite de 83 ans, m’a dit: «Si j’avais le même âge que vous, je sortirais moi aussi, mais maintenant, il est trop tard».

Le cloître, ce n’est donc pas un modèle à donner en exemple, faut-il le dire. De nos jours, peu de jeunes s’y laisseront prendre. Ceci dit en tout respect pour ces religieuses qui, de bonne foi, comme je l’ai fait moi-même étant jeune, sacrifient leurs vies, s’enferment physiquement et mentalement dans une spiritualité en pensant pouvoir sauver des âmes.

Ces religieuses cloîtrées confondent paix et amour. Oui, elles vivent, dans la paix, libres de toutes responsabilités familiales ou sociales, mais non dans l’amour qui rend certes plus heureux!

Andréa Richard

Trois-Rivières