Réflexion sur la fin de vie

Les soins palliatifs réduisent les souffrances de beaucoup de malades et permettent ainsi à plusieurs d’allonger profitablement une vie d’une relative qualité. Là où les soins palliatifs dérivent parfois, c’est dans le cas des maladies dégénératives, comme la SLA, le Parkinson rigide, la dystrophie musculaire et autres myopathies.

Dans leur phase finale, les malades sont momifiés vivants, rigides, incontinents, trachéotomisés, incapable de déglutir, constipés chroniques, totalement dépendants et plaies de lit à l’avenant. Les soins palliatifs soulagent la douleur mais deviennent de l’acharnement thérapeutique pour ceux qui n’ont plus aucune qualité de vie et qui ont sombré dans l’indignité totale. Et ça peut durer plusieurs années. La douleur n’est pas que physique.

Dans certains cas, la mort devrait être considérée comme une médecine douce. Même sans douleur physique, un enfer reste un enfer. Et ceux qui ne peuvent le reconnaître sont des sadiques. On te donne une dose d’antidouleur juste en deçà de la dose létale et on est fier de te maintenir en vie le plus longtemps possible. Pensant faire œuvre utile. Quand le malade est pleinement conscient et totalement paralysé, l’enfer c’est les autres. Ceux qui s’enorgueillissent de prolonger ton calvaire le plus longtemps possible. Au nom de quoi? La compassion?

La souffrance morale des bien-portants survivants c’est de la petite bière à côté de l’état de momie vivante et d’indignité totale de certains malades. Quant à moi qui suis justement rendu dans l’antichambre du Camp de la Mort, si j’ai bien compris les personnes qui s’opposent à l’aide médicale à mourir, on nous exhorte à souffrir le plus longtemps possible. Qu’est-ce que ces personnes connaissent de la souffrance avec un grand «S»?

Michel Favreault

Sainte-Ursule