Des Récollets-Bellefeuille, une intersection dangereuse.

Réaménager et humaniser l’intersection Des Récollets-Bellefeuille

OPINION / Enfin! Une date est prévue pour réaménager cette intersection. La dernière phrase de l’article paru dans Le Nouvelliste du 23 novembre, qui annonçait ce grand projet a particulièrement retenu mon attention, elle se lisait comme suit: «Les piétons et les cyclistes ont aussi été pris en compte alors qu’un trottoir dégagé de la route et une voie cyclable sont prévus dans ce réaménagement.» Bien sûr, cela va de soi dans une ville qui a adopté une politique de développement durable et où l’on peut lire dans la section qui parle de sa vision des transports et de la mobilité: «le transport collectif est optimisé et les transports actifs sont favorisés.»

J’utilise cette intersection quotidiennement depuis plus de 10 ans et je la maudis régulièrement, que je sois à pied, à bicyclette ou en voiture. Voici quelques-unes de mes expériences et mes commentaires sur ce lieu.

À pied

Sur la rue Bellefeuille, si je vais d’ouest en est et que je veux traverser, je suis choyée puisque des trottoirs bordent les deux côtés de cette intersection. Par contre, aucun feu de circulation pour piéton ne m’aide à traverser, ce qui s’avère périlleux jusqu’au terre-plein où un trottoir est encore disponible. Puis, après avoir traversé la deuxième partie, me voilà dans un triangle où les automobilistes ont un embranchement pour tourner à droite et finalement la troisième traversée se termine dans la rue. L’ajout d’un trottoir sur la rue Bellefeuille est une très bonne nouvelle, car cette artère est passablement utilisée par les piétons pour se rendre au travail, au parc ou vers le centre-ville. À plusieurs endroits à Trois-Rivières, nous pouvons remarquer la disparition de trottoirs à mesure que la densité des automobiles augmente. Par exemple, sur la rue Bellefeuille tout comme sur des Récollets, les trottoirs sont intermittents, c’est-à-dire qu’ils disparaissent pour réapparaitre plus loin ou souvent de l’autre côté de la rue. Prendre une marche ou faire une petite commission à pied en empruntant l’une de ces deux rues peut quasiment se transformer en sport extrême.

À bicyclette

C’est mon moyen de transport préféré ! J’ai eu ma première voiture à 50 ans; avant, mes déplacements se faisaient principalement à bicyclette. J’ai toujours été à l’aise de partager la rue, même dans la circulation compacte.

Avant d’arriver à Trois-Rivières, je n’avais jamais roulé sur le trottoir dans mes trajets réguliers, mais j’ai vite réalisé qu’en revenant du centre-ville par la rue Bellefeuille, je devais systématiquement utiliser le trottoir entre RONA et le Normandin pour ma sécurité ainsi que celle des automobilistes, et cela même s’il y a un marquage de piste cyclable. Il ne suffit pas de faire une ligne blanche dans la rue pour qu’elle devienne partageable ou d’ajouter un pictogramme routier pour que la piste cyclable apparaisse. Pour favoriser les transports actifs, les pistes cyclables doivent faire partie d’un réseau. À Trois-Rivières, un peu comme pour les trottoirs, elles apparaissent et arrêtent là où elles seraient le plus utile.

Pour réduire les GES, généralement les villes ajoutent des pistes cyclables, alors qu’à Trois-Rivières j’en ai vu disparaitre.

Avant que l’intersection Bellefeuille-Des Récollets ne soit réaménagée, je suggère aux personnes qui sont en charge des pistes cyclables de prendre leurs bicyclettes et de traverser cette intersection dans toutes ses directions. Cette expérience pourrait sans doute apporter une autre façon de voir les problèmes à corriger et peut-être éviter un cafouillage comme celui que nous connaissons avec la STTR.

En voiture

Pour diminuer les accidents à cette intersection, la première chose serait de mettre des feux de signalisation fonctionnels puisque nous ne voyons pas la couleur de la lumière le jour. De plus, l’hiver, la neige et le verglas les obstruent. Ces feux sont peut-être efficaces au niveau énergétique, mais pour la régularisation et la sécurité du trafic, ils sont dangereux. Je ne peux émettre aucun commentaire sur les feux pour piétons, puisque je les cherche encore sur ces deux rues !

Au grand désespoir des automobilistes pressés et des marchands qui veulent faciliter l’accès des consommateurs à leurs commerces, je suis certaine que le plan de réaménagement éliminera des entrées et des sorties et les repositionnera pour les rendre plus sécuritaires.

Il ne faudrait pas aussi oublier les comiques qui essaient de traverser les quatre voix pour poursuivre leur magasinage d’un espace commercial à l’autre en déplaçant leur voiture.

En conclusion

Ma liste d’observations concernant cette intersection et ces deux rues pourrait s’allonger et je ne suis certainement pas la seule. Par conséquent, je crois qu’une consultation auprès de ses utilisateurs serait une source précieuse dans ce changement. J’espère que cette intersection répondra aux nouveaux objectifs de transport de notre ville et qu’elle sera sécuritaire tout en gardant une fluidité, peu importe le mode utilisé pour la franchir.

Sylvie Dion

Trois-Rivières