Quelques réflexions en cette Journée mondiale du climat

L’auteure, Lauréanne Daneau, est directrice générale d’Environnement Mauricie.

Le 8 décembre marque la Journée mondiale du climat. Plus tôt cette semaine, les 15 000 élèves des écoles primaires et secondaires de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, de même que ceux du Séminaire Saint-Joseph et de l’Institut secondaire Keranna ont à leur tour déclaré l’état d’urgence climatique. Ces jeunes citoyens ont ajouté leur voix à celles qui s’élèvent depuis un an sur la nécessité de prendre conscience de la situation critique du climat.

Par leur déclaration, ces élèves nous communiquent leur inquiétude quant à leur avenir – et celui de leurs futurs enfants – et de l’urgence d’agir et de répondre aux cris d’alarme des scientifiques qui témoignent objectivement des bouleversements causés par l’activité humaine. «Nous voulons qu’il soit maintenant impossible de ne pas écouter la voix des jeunes qui hériteront des conséquences de l’inaction dans notre société.» Ces jeunes citoyens interpellent nos élus, nos commerçants, nos agriculteurs et la population pour un passage à l’action rapide.

Toujours dans le cadre de cette journée mondiale, se tenait jeudi soir une discussion ouverte avec panélistes au Café Frida portant sur le thème de la Décroissance à laquelle ont participé une soixantaine de personnes. Dans un monde où les ressources sont limitées, comment pouvons-nous maintenir notre désir d’obtenir une croissance infinie? En étudiant la consommation des ressources moyenne de la population mondiale, on a atteint en 2018 le jour de dépassement le 1er août. En d’autres mots, au mois d’août, on avait consommé toutes les ressources que la planète produit en un an. Cependant, si tout le monde consommait au rythme des Canadiens, on aurait besoin de trois planètes pour répondre à la demande et le jour de dépassement serait plutôt au mois de mars.

Le problème est systémique. Il requiert une transformation de nos manières de vivre ensemble. Moins consommer et surtout mieux consommer. L’achat local, les énergies renouvelables, les choix en alimentation, l’utilisation de matériaux recyclés pour créer de nouveaux produits font parties des pistes de solutions. Mais un changement de paradigme est nécessaire. Pour reprendre les mots d’Yves-Marie Abraham, professeur des HEC Montréal, il ne s’agit pas de se reconnecter avec l’environnement et la nature, mais d’admettre plutôt que nous en faisons étroitement partie. Cessons de vouloir défendre la Nature, reconnaissons que nous sommes la Nature qui doit se défendre.