Quelques faussetés sur l’industrie du taxi...

OPINION / Voici quatre faussetés sur le taxi répétées ad nauseam par UBER et souvent relayées par les médias.

D’abord, la question du monopole. Un monopole est une entreprise qui est seule et sans compétition dans son marché. Les taxis sont 8000 entreprises autonomes au Québec. Les entreprises sont parfois seules, parfois elles partagent le territoire avec un, deux, dix ou même quatre mille autres taxis, regroupés en coop, ou en compagnies. Elles sont réparties dans des territoires et on peut consulter la carte en question sur le web: https://www.ctq.gouv.qc.ca/fileadmin/documents/CarteInteractive/carte.html

Ensuite, la question de la spéculation. La valeur des permis de taxi est spéculative. Effectivement. La valeur de tout ce qui s’échange sur un marché libre est spéculative. La valeur des maisons a triplé depuis 20 ans. La valeur du pétrole brut varie tous les jours. L’or aussi, le Dow Jones, bref… Tout. Mais cette valeur est bel et bien officielle et endossée par le tribunal administratif qu’est la Commission des Transports du Québec. Les transactions doivent être approuvées et notariées.

Troisièmement, on entend souvent dire que «UBER c’est le progrès». UBER n’a rien inventé. Les applications pour commander un taxi, et la répartition par GPS existaient au Québec avant UBER. Il y a 20 ans, les taxis étaient des grosses voitures américaines, la répartition se faisait par radio-téléphone (CB) et il n’existait aucun moyen de payer par débit. Aujourd’hui, les taxis sont des voitures hybrides à la fine pointe de la technologie. Répartition par GPS et terminal de vente électroniques inclus.

Quatrièmement, la question de l’argent au noir revient souvent dans les discussions. Les travailleurs autonomes n’ont pas à faire de déclarations de taxes sous le seuil des 30 000 $ par année. Il y a 20 ans, presque personne ne faisait plus de 30 000 $ par année sur le taxi. Depuis dix ans, chaque chauffeur de taxi doit obligatoirement faire une déclaration de taxes, peu importe le montant qu’il fait. Les taxis ne faisaient pas du noir, ils respectaient la loi.

Quand la loi a changé, les taxis s’y sont conformés. Aussi, pour ce qui est des déclarations d’impôts, 85 % des revenus des taxis sont électroniques. Soit: des comptes clients (Trois-Rivières Honda, Trois-Rivières Toyota, Trois-Rivières Ford Lincoln, Postes Canada, la DPJ, la STTR, le ministère de la Santé, etc.) qui comptent pour 60 % de nos courses. Et une autre fraction de nos revenus qui prend de plus en plus d’importance est les paiements par carte. Cette proportion est maintenant de 25 %. Pour un total qui devrait dépasser 90 % dans les prochaines années. Comment peut-on cacher nos revenus quand 85 % est détectable, et que le reste est facilement évaluable? Du taxi au noir, c’était il y a 25 ans.

Sylvain Roy

Trois-Rivières