Dans le contexte de pandémie, le confinement a obligé la société à se mettre en veille. La pratique du télétravail a su mettre le phénomène de performance de l’avant.
Dans le contexte de pandémie, le confinement a obligé la société à se mettre en veille. La pratique du télétravail a su mettre le phénomène de performance de l’avant.

Quelle est la destinée de la société d’aujourd’hui?

OPINION / Les auteures, Rachel Boucher et Valérie Dorion, sont candidates à la maîtrise en ergothérapie à l’Université du Québec à Trois-Rivières.

Depuis maintenant quatre mois, le Québec vit de nombreux chamboulements dont la pandémie de la COVID-19. Celle-ci a plongé la société dans une période de questionnements et de mise à niveau. La société constate que l’idéal de fonctionnement doit être repensé. Cette période a mis de l’avant l’ampleur du phénomène de performance qui a su s’installer progressivement dans les normes sociales actuelles. Ces constatations ont amené des questionnements quant à l’équilibre occupationnel de chacun. Autrement dit, ce concept «est fondé sur le raisonnement que la santé humaine et le bien-être exigent une variété d’occupations productives et divertissantes [des loisirs]» (Stadnyk et coll., 2010).

Le vécu des étudiants en ergothérapie

En parallèle, les étudiants du programme en ergothérapie sont constamment amenés à se comparer et à s’autocritiquer à des fins de performance. En tant qu’étudiants, plusieurs rôles exacerbent cette pression. En effet, ils sont soumis à plusieurs rôles tels qu’enfant, conjoint, ami, coéquipier et plus encore. Amalgamés, ces rôles rendent difficile la conciliation du travail, des études et de la vie personnelle. Du fait même, chaque rôle est accompagné d’attentes internes provenant de l’individu et d’attentes externes provenant de son environnement social. L’étudiant veut se sentir à la hauteur dans toutes les sphères de sa vie et désir satisfaire les attentes de ses parents, de ses amis, de sa fratrie, de son employeur ou de son enseignant. Il réalise cela tout en essayant de bâtir un avenir qui répond au meilleur de ses capacités. Ce lot d’attentes entraîne beaucoup d’anxiété et devient facilement malsain pour la santé de cet individu.

impact des réseaux sociaux

D’autre part, les réseaux sociaux mettent en lumière ce phénomène de pression sociale. Ceux-ci encouragent inconscient l’idéal de vie en dissimulant les imperfections du quotidien. Sur les plates-formes connues, la plupart ne montrent que le côté positif de leur vie et les événements extraordinaires de leur vie ce qui banalise le quotidien de la société. De même, cela augmente la pression de performance, car plusieurs sont influencés à atteindre cet idéal utopique. À ce moment, le déséquilibre s’installe. L’individu est alors amené à surinvestir plusieurs sphères de sa vie en tentant de se conformer à l’image et à la philosophie projetées par la société.

Ressenti en temps de pandémie

Dans le contexte de pandémie, le confinement a obligé la société à se mettre en veille. Rapidement, les gens se sont exprimés et ont expliqué que cette pause leur a fait prendre conscience que leur rythme de vie ne faisait pas sens. Le quotidien est axé sur le travail, le désir de performer dans toutes les sphères de leur vie. Aussi, la pratique de télétravail a su mettre le phénomène de performance de l’avant. Les travailleurs avaient de la difficulté à avoir une routine quotidienne saine, car la proximité des tâches productives les encourageait à réaliser, sur une grande période de temps, des tâches productives. La limite entre le travail à la maison et la vie à domicile n’était pas facile à distinguer.

Que faire pour prévenir?

Il serait impératif de se questionner afin de mettre en place des moyens pour sensibiliser la population à cet engrenage de performance. Une campagne de sensibilisation auprès des élèves du primaire et du secondaire permettrait de désamorcer ce phénomène et les outillant pour affronter la pression de performance dans les diverses facettes de leur vie. Il faut moduler ces attentes, s’accorder le droit à l’erreur et à l’imperfection pour créer une société plus équilibrée. Sensibiliser la population à l’importance de cultiver une vie équilibrée tout en diversifiant leurs activités, en élaborant des buts réalistes et en variant les activités qui nous font réellement du bien aiderait à diminuer le phénomène de société de performance.

En espérant que ce pas de recul puisse changer les modalités de demain, afin d’éviter une relève déjà épuisée!